
oreiller de pierre
Description
Introduction au livre
Une édition entièrement révisée commémorant le 70e anniversaire de la libération et le 40e anniversaire de la mort de Jang Jun-ha.
Le récit d'une longue marche de 6 000 ri pour échapper à l'armée japonaise et rejoindre l'Armée de libération du gouvernement provisoire.
« L'Oreiller de pierre » commence par la scène où Jang Jun-ha, affecté à l'« Unité Tsukada » à Xuzhou, en Chine, le 7 juillet 1944, s'échappe avec la vie, accompagné de Kim Yeong-rok, Yun Gyeong-bin et Hong Seok-hun, tandis que l'armée japonaise organise un dîner commémoratif pour le 7e anniversaire de la Seconde Guerre sino-japonaise. Cet homme, qui fut un éternel combattant pour l'indépendance et une « lumière » de son époque, laisse derrière lui des mémoires anti-japonaises passionnées et sévères pour la postérité « afin de ne pas devenir un autre ancêtre incompétent ».
Ce livre relate le long périple de 6 000 li (environ 1 000 kilomètres) entre Xuzhou et le gouvernement provisoire de Chongqing, un voyage de sept mois entrepris dans le seul but de reconquérir le pays perdu. Il relate les nombreuses anecdotes de ce voyage, ainsi que la situation qui suivit immédiatement le retour du gouvernement provisoire en novembre 1945, sur une période de deux ans. Le récit couvre un vaste territoire, de Pyongyang à Xuzhou → Linchuan → Nanyang → Raohekou → Pasuling → Chongqing → Xi'an → Shanghai → Séoul.
Ce livre, dont le professeur Ham Seok-heon a dit : « Ce n’est pas que j’aie lu ce livre, mais plutôt qu’il m’a happé et a créé un tourbillon entre ciel et terre », est, comme le dit l’auteur, « une pierre tombale du vent flottant devant les pauvres ancêtres » morts avant lui, et son contenu est « aussi déchirant que le ressentiment des jeunes lions tombés dans le piège de la ruine et de la division nationales ».
Revenons sur cette journée, en nous souvenant du géant de l'histoire, Jang Jun-ha, à travers ce livre qui parle avec passion du véritable chemin vers l'amour de la patrie.
Le récit d'une longue marche de 6 000 ri pour échapper à l'armée japonaise et rejoindre l'Armée de libération du gouvernement provisoire.
« L'Oreiller de pierre » commence par la scène où Jang Jun-ha, affecté à l'« Unité Tsukada » à Xuzhou, en Chine, le 7 juillet 1944, s'échappe avec la vie, accompagné de Kim Yeong-rok, Yun Gyeong-bin et Hong Seok-hun, tandis que l'armée japonaise organise un dîner commémoratif pour le 7e anniversaire de la Seconde Guerre sino-japonaise. Cet homme, qui fut un éternel combattant pour l'indépendance et une « lumière » de son époque, laisse derrière lui des mémoires anti-japonaises passionnées et sévères pour la postérité « afin de ne pas devenir un autre ancêtre incompétent ».
Ce livre relate le long périple de 6 000 li (environ 1 000 kilomètres) entre Xuzhou et le gouvernement provisoire de Chongqing, un voyage de sept mois entrepris dans le seul but de reconquérir le pays perdu. Il relate les nombreuses anecdotes de ce voyage, ainsi que la situation qui suivit immédiatement le retour du gouvernement provisoire en novembre 1945, sur une période de deux ans. Le récit couvre un vaste territoire, de Pyongyang à Xuzhou → Linchuan → Nanyang → Raohekou → Pasuling → Chongqing → Xi'an → Shanghai → Séoul.
Ce livre, dont le professeur Ham Seok-heon a dit : « Ce n’est pas que j’aie lu ce livre, mais plutôt qu’il m’a happé et a créé un tourbillon entre ciel et terre », est, comme le dit l’auteur, « une pierre tombale du vent flottant devant les pauvres ancêtres » morts avant lui, et son contenu est « aussi déchirant que le ressentiment des jeunes lions tombés dans le piège de la ruine et de la division nationales ».
Revenons sur cette journée, en nous souvenant du géant de l'histoire, Jang Jun-ha, à travers ce livre qui parle avec passion du véritable chemin vers l'amour de la patrie.
- Vous pouvez consulter un aperçu du contenu du livre.
Aperçu
indice
Préface – Un mot à l’oreiller de pierre
s'échapper
Hymne national au bord de la rivière Bulroha
Au milieu d'un fratricide
Des visages inoubliables
3 mois dans le camp d'entraînement de l'Armée de libération coréenne
La performance de Lao Hekou
Taegeukgi au-delà de l'interdiction
Mer de larmes
Le Jialing Qingshui est un affluent trouble du Yangtsé.
Avant et après le 15 août, je
Avant et après le 15 août II
Retour du gouvernement provisoire
Présentation des personnages principaux | Chronologie
s'échapper
Hymne national au bord de la rivière Bulroha
Au milieu d'un fratricide
Des visages inoubliables
3 mois dans le camp d'entraînement de l'Armée de libération coréenne
La performance de Lao Hekou
Taegeukgi au-delà de l'interdiction
Mer de larmes
Le Jialing Qingshui est un affluent trouble du Yangtsé.
Avant et après le 15 août, je
Avant et après le 15 août II
Retour du gouvernement provisoire
Présentation des personnages principaux | Chronologie
Dans le livre
J'ai répété à maintes reprises dans ces mémoires : « Je ne dois pas devenir un autre mauvais ancêtre. »
Car ces mots, que je mâchais sans cesse la bouche sèche, allongée dans les vastes champs de sorgho des plaines centrales, et que je pleurais sans fin en passant la nuit au bord de la mort avec une boule de neige pour oreiller, étaient les mots mêmes de notre regret pour nos pauvres ancêtres qui avaient été dépossédés de leur pays, et de notre ferme détermination à ne plus jamais transmettre un héritage honteux à nos descendants.
--- p.6
Je venais de lui verser une bouteille entière de Mercurochrome dessus et de l'attacher solidement pour arrêter le saignement, mais j'étais fier d'avoir remporté une victoire décisive sur un lieutenant de l'armée, alors j'ai essayé de m'écarter devant lui.
«… Écoutez, en dix ans de carrière comme chirurgien, je n’ai jamais vu une personne aussi vicieuse que vous.»
C'est tout un exploit.
« C’est un monopole. » Ma douleur sembla trouver son accomplissement dans ces mots, et je l’oubliai un instant.
Mais les mots « Je ne veux pas dire à un Japonais comme toi que je suis malade » ont failli me sortir de la gorge.
Mais avant même que je puisse quitter l'infirmerie, un candidat est entré.
C'est un soldat débutant nommé S.
(Omission) Le soldat S avait un furoncle sur les fesses.
Lorsque le policier l'a touché, il a crié : « Oh mon Dieu… »
L'officier a donné un coup de pied au cadet dans les fesses avec sa botte de combat.
Bang ! Le simple mot lancé au jeune recrue S, tombé au sol, provoqua un son strident qui lui assourdit les oreilles.
« Ce type ! Il n'a même pas crié une seule fois, même après que je lui ai coupé cinq mains encore vivantes et douloureuses… » --- p.18
Nos ancêtres ont-ils vendu leur pays parce qu'ils ne connaissaient pas le patriotisme et qu'ils ne lui accordaient pas de valeur ?
Nous ne redeviendrons pas de mauvais ancêtres.
Je me battrai, ravalant les larmes de sang qui coulent dans mon cœur, pour ne pas devenir un autre ancêtre incompétent.
Je vais suivre cette voie.
Le cours de ma vie me guidera désormais en plaçant un panneau indicateur qui dit : « Pour éviter de devenir un autre mauvais ancêtre. »
--- p.74
« La Lanterne » incarne véritablement notre intention : éclairer le chemin, guider les citoyens, et faire de cette lumière une flamme éternelle que chacun, dans ce pays, puisse s'approprier. Nous ne voulons en aucun cas trahir cette intention.
C’est le premier sentiment de mission que j’ai éprouvé alors que j’étais allongé sur le sol.
--- p.133
Les scènes d'entraînement des candidats officiers de l'Armée centrale chinoise n'ont pu que nous captiver.
Nous envions l'aspect majestueux de l'entraînement au tir, et l'entraînement au tir était notre rêve.
L'entraînement au démontage des armes a accentué notre complexe d'infériorité sur le même terrain d'entraînement.
(syncope)
« Nous sommes une armée sans armes. »
Nous sommes une armée sans patrie.
Non, nous avions une patrie, mais elle ne nous a été enlevée que temporairement. Bien sûr, les autorités de l'Académie militaire d'Imcheon affirmaient traiter tout le monde de la même manière, mais c'était certainement la même chose que d'être traités comme si nous n'avions pas de pays.
Une armée sans armes à feu.
Même si j'essayais de ne pas y penser de cette façon, l'armée sans armes, comme un oiseau sans ailes, était traitée comme un enfant mal-aimé.
--- p.146
J'attendais Chongqing presque aveuglément, pensant que cela pourrait au moins raviver notre passion.
Bien sûr, nous avions déjà entendu parler des nombreux factionnalismes, dissensions et conflits qui entouraient le gouvernement provisoire de Chongqing.
Nous étions indignés de voir que des Coréens rassemblés pour lutter pour l'indépendance gaspillaient leur désir de libérer leur pays en se rendant jusqu'à Chongqing, une terre étrangère.
Nous avions envie de nous lancer et de creuser le sujet.
(Omission) Serait-ce une excuse de rejeter la faute sur l'âge ?
Était-ce la détermination aveugle de ces vingt-quatre ou vingt-cinq personnes ?
C'était une fierté magnifique.
--- p.167
Mon camarade Kim Jun-yeop et moi marchions ensemble, appuyés l'un sur l'autre, lorsque nous avons soudain aperçu quelque chose qui volait au-dessus de nos têtes.
«……» Une grande surprise a retenti dans mon cœur.
Avant même que nous nous rendions compte que quelque chose passait au-dessus de nos têtes, un tigre rapide avait déjà dévalé la colline et atterri silencieusement, quatre ou cinq pas devant nous.
« Ah, c'est un tigre ! » Ce son n'est jamais sorti de ma bouche.
Mais le tigre ne nous a même pas remarqués et a filé à toute vitesse.
Nous étions tellement terrifiés que nous ne pouvions rien faire d'autre que cacher nos corps.
Comme on dit, nous étions tellement captivés par le tigre que nous ne pouvions plus bouger et que nous fixions intensément ses empreintes.
Si nous avions avancé de quatre ou cinq pas seulement, nous serions certainement tombés sous les griffes du tigre.
--- p.220
Est-ce là la personne qui a glacé le cœur des Japonais ?
Le professeur, avec un léger sourire aux lèvres, avait l'air très aimable et une personnalité polie derrière ses lunettes noires.
(Omission) 6 000 li pour trouver cette personne.
Comme si nous rentrions chez nous après sept mois de marche, nous voulions entendre l'hymne national.
À chaque pas que je faisais, je ressentais à quel point j'aspirais à ce moment.
Nos sueurs, nos soupirs et nos aspirations, répandus à travers les plaines, les sentiers de montagne et les chemins enneigés de Chine, ont fleuri sur tout le continent dans un chœur de fleurs sauvages, et nous avons accueilli M. Kim Gu dans une mélodie fantastique, comme si un chœur de chants de bienvenue s'élevait des fleurs sauvages.
(Omission) Les fils de la patrie qui ne pouvaient oublier les ignorants vinrent à lui.
Se tenant devant ces quelque cinquante jeunes hommes qui avaient parcouru 6 000 li pour le retrouver, M. Kim Gu n'a peut-être pas pu contenir l'émotion intense des souvenirs en repensant à sa vie, qui n'avait pas été vaine.
Comment pourrait-il en être autrement ! --- p.244~245
Ici, à cet instant précis, j'ai fait quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie.
C'était la première fois que je portais un verre d'alcool à mes lèvres.
Vous vous demandez peut-être pourquoi je m'énerve autant pour une chose aussi insignifiante, mais c'est parce que j'ai grandi dans une famille chrétienne puritaine et qu'on m'a appris que l'alcool et les cigarettes étaient strictement interdits.
Donc, si quelqu'un était amical avec moi, j'essayais de ne pas lui offrir d'alcool ni de cigarettes.
« Camarade Shincheol [Jang Jun-ha], ……Je vous offre cette boisson parce que j’ai un but.
Ce verre de bière que le capitaine me sert… …allez, prenez-en juste une gorgée.
En repensant à la rancune qui m'a fait grincer des dents pendant ma traversée des 6 000 miles des Grandes Plaines centrales… … , elle sera quelque peu apaisée.
« Juste un verre, en pensant à toutes les difficultés. »
Le camarade Shin Il [Kim Jun-yeop] m'a tapoté l'épaule et a dit ceci.
J'ai saisi le verre que Shibuzawa et le piédestal avaient posés.
J'ai fermé les yeux.
Voyez ce verre de bière comme une victoire douce-amère.
--- p.321
Je suis maintenant sur mon propre sol.
Même si je me le répétais, je continuais à penser que j'étais coincé dans le cortège du continent qui avait parcouru des milliers de kilomètres sur la terre jaune.
Notre pays nous attendait vraiment, m'attendait.
Ma ville natale m'attendra toujours······.
J'ai ravalé la partie de moi-même qui me glissait dans la gorge et l'ai serrée contre mon cœur, réalisant ce qui nous accueillait véritablement.
Quelque chose nous a-t-il jamais accueillis comme ces montagnes et ces rivières ? En regardant par la fenêtre de la voiture, j’ai vu une jeune fille émerger des contreforts qui s’éloignaient, portant un seau d’eau, avec un chiot qui courait devant elle.
J'ai couvert mon visage avec ma manche.
Je ne pouvais plus le regarder.
--- p.397
Bien entendu, les forces politiques extérieures qui tentaient de menacer le gouvernement provisoire ont également lancé des attaques persistantes.
Au milieu de ce mouvement vicieux visant à établir un lien avec le gouvernement provisoire, les membres du Conseil d'État s'employaient à comploter à leur guise avec des factions extérieures.
Bien sûr, comme ils revenaient après une longue période d'exil, il était inévitable qu'il y ait des contacts individuels, mais comme ils étaient des fonctionnaires du gouvernement intérimaire, des problèmes sont survenus.
Le nom a toujours été « réunion de bienvenue », et l'autorité et la volonté du gouvernement provisoire ont commencé à s'effriter suite à l'invitation à cette réunion.
Il m'apparaissait clairement, du moins, que j'étais en position d'être accueilli puis abandonné.
« Avions-nous l’intention d’être bien accueillis ? » Le doute qui couvait en moi s’est enfin précisé.
J'ai commencé à ressentir un sentiment d'urgence croissant à agir.
--- p.422
Mais il est clair que l'histoire ne se fait jamais sur des promesses en l'air.
Il n'est pas non plus décoré d'un festin luxueux.
Elle tourne déjà le dos à cet endroit.
(syncope)
Le court soleil d'hiver se coucha derrière les murs du palais Deoksugung, et jusqu'à 17h30, heure à laquelle le soleil couchant projeta de longues ombres sur les piliers de pierre du Seokjojeon, les verres d'alcool continuèrent de circuler lors du banquet animé.
Pendant que le gouvernement provisoire s'activait à accueillir et à inviter les gens, son objectif avait déjà été atteint.
Comme sur une route continentale d'exil, la neige tombait et le vent soufflait, mais personne dans le pays ne pouvait trouver la « route de Chongqing ».
Car ces mots, que je mâchais sans cesse la bouche sèche, allongée dans les vastes champs de sorgho des plaines centrales, et que je pleurais sans fin en passant la nuit au bord de la mort avec une boule de neige pour oreiller, étaient les mots mêmes de notre regret pour nos pauvres ancêtres qui avaient été dépossédés de leur pays, et de notre ferme détermination à ne plus jamais transmettre un héritage honteux à nos descendants.
--- p.6
Je venais de lui verser une bouteille entière de Mercurochrome dessus et de l'attacher solidement pour arrêter le saignement, mais j'étais fier d'avoir remporté une victoire décisive sur un lieutenant de l'armée, alors j'ai essayé de m'écarter devant lui.
«… Écoutez, en dix ans de carrière comme chirurgien, je n’ai jamais vu une personne aussi vicieuse que vous.»
C'est tout un exploit.
« C’est un monopole. » Ma douleur sembla trouver son accomplissement dans ces mots, et je l’oubliai un instant.
Mais les mots « Je ne veux pas dire à un Japonais comme toi que je suis malade » ont failli me sortir de la gorge.
Mais avant même que je puisse quitter l'infirmerie, un candidat est entré.
C'est un soldat débutant nommé S.
(Omission) Le soldat S avait un furoncle sur les fesses.
Lorsque le policier l'a touché, il a crié : « Oh mon Dieu… »
L'officier a donné un coup de pied au cadet dans les fesses avec sa botte de combat.
Bang ! Le simple mot lancé au jeune recrue S, tombé au sol, provoqua un son strident qui lui assourdit les oreilles.
« Ce type ! Il n'a même pas crié une seule fois, même après que je lui ai coupé cinq mains encore vivantes et douloureuses… » --- p.18
Nos ancêtres ont-ils vendu leur pays parce qu'ils ne connaissaient pas le patriotisme et qu'ils ne lui accordaient pas de valeur ?
Nous ne redeviendrons pas de mauvais ancêtres.
Je me battrai, ravalant les larmes de sang qui coulent dans mon cœur, pour ne pas devenir un autre ancêtre incompétent.
Je vais suivre cette voie.
Le cours de ma vie me guidera désormais en plaçant un panneau indicateur qui dit : « Pour éviter de devenir un autre mauvais ancêtre. »
--- p.74
« La Lanterne » incarne véritablement notre intention : éclairer le chemin, guider les citoyens, et faire de cette lumière une flamme éternelle que chacun, dans ce pays, puisse s'approprier. Nous ne voulons en aucun cas trahir cette intention.
C’est le premier sentiment de mission que j’ai éprouvé alors que j’étais allongé sur le sol.
--- p.133
Les scènes d'entraînement des candidats officiers de l'Armée centrale chinoise n'ont pu que nous captiver.
Nous envions l'aspect majestueux de l'entraînement au tir, et l'entraînement au tir était notre rêve.
L'entraînement au démontage des armes a accentué notre complexe d'infériorité sur le même terrain d'entraînement.
(syncope)
« Nous sommes une armée sans armes. »
Nous sommes une armée sans patrie.
Non, nous avions une patrie, mais elle ne nous a été enlevée que temporairement. Bien sûr, les autorités de l'Académie militaire d'Imcheon affirmaient traiter tout le monde de la même manière, mais c'était certainement la même chose que d'être traités comme si nous n'avions pas de pays.
Une armée sans armes à feu.
Même si j'essayais de ne pas y penser de cette façon, l'armée sans armes, comme un oiseau sans ailes, était traitée comme un enfant mal-aimé.
--- p.146
J'attendais Chongqing presque aveuglément, pensant que cela pourrait au moins raviver notre passion.
Bien sûr, nous avions déjà entendu parler des nombreux factionnalismes, dissensions et conflits qui entouraient le gouvernement provisoire de Chongqing.
Nous étions indignés de voir que des Coréens rassemblés pour lutter pour l'indépendance gaspillaient leur désir de libérer leur pays en se rendant jusqu'à Chongqing, une terre étrangère.
Nous avions envie de nous lancer et de creuser le sujet.
(Omission) Serait-ce une excuse de rejeter la faute sur l'âge ?
Était-ce la détermination aveugle de ces vingt-quatre ou vingt-cinq personnes ?
C'était une fierté magnifique.
--- p.167
Mon camarade Kim Jun-yeop et moi marchions ensemble, appuyés l'un sur l'autre, lorsque nous avons soudain aperçu quelque chose qui volait au-dessus de nos têtes.
«……» Une grande surprise a retenti dans mon cœur.
Avant même que nous nous rendions compte que quelque chose passait au-dessus de nos têtes, un tigre rapide avait déjà dévalé la colline et atterri silencieusement, quatre ou cinq pas devant nous.
« Ah, c'est un tigre ! » Ce son n'est jamais sorti de ma bouche.
Mais le tigre ne nous a même pas remarqués et a filé à toute vitesse.
Nous étions tellement terrifiés que nous ne pouvions rien faire d'autre que cacher nos corps.
Comme on dit, nous étions tellement captivés par le tigre que nous ne pouvions plus bouger et que nous fixions intensément ses empreintes.
Si nous avions avancé de quatre ou cinq pas seulement, nous serions certainement tombés sous les griffes du tigre.
--- p.220
Est-ce là la personne qui a glacé le cœur des Japonais ?
Le professeur, avec un léger sourire aux lèvres, avait l'air très aimable et une personnalité polie derrière ses lunettes noires.
(Omission) 6 000 li pour trouver cette personne.
Comme si nous rentrions chez nous après sept mois de marche, nous voulions entendre l'hymne national.
À chaque pas que je faisais, je ressentais à quel point j'aspirais à ce moment.
Nos sueurs, nos soupirs et nos aspirations, répandus à travers les plaines, les sentiers de montagne et les chemins enneigés de Chine, ont fleuri sur tout le continent dans un chœur de fleurs sauvages, et nous avons accueilli M. Kim Gu dans une mélodie fantastique, comme si un chœur de chants de bienvenue s'élevait des fleurs sauvages.
(Omission) Les fils de la patrie qui ne pouvaient oublier les ignorants vinrent à lui.
Se tenant devant ces quelque cinquante jeunes hommes qui avaient parcouru 6 000 li pour le retrouver, M. Kim Gu n'a peut-être pas pu contenir l'émotion intense des souvenirs en repensant à sa vie, qui n'avait pas été vaine.
Comment pourrait-il en être autrement ! --- p.244~245
Ici, à cet instant précis, j'ai fait quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie.
C'était la première fois que je portais un verre d'alcool à mes lèvres.
Vous vous demandez peut-être pourquoi je m'énerve autant pour une chose aussi insignifiante, mais c'est parce que j'ai grandi dans une famille chrétienne puritaine et qu'on m'a appris que l'alcool et les cigarettes étaient strictement interdits.
Donc, si quelqu'un était amical avec moi, j'essayais de ne pas lui offrir d'alcool ni de cigarettes.
« Camarade Shincheol [Jang Jun-ha], ……Je vous offre cette boisson parce que j’ai un but.
Ce verre de bière que le capitaine me sert… …allez, prenez-en juste une gorgée.
En repensant à la rancune qui m'a fait grincer des dents pendant ma traversée des 6 000 miles des Grandes Plaines centrales… … , elle sera quelque peu apaisée.
« Juste un verre, en pensant à toutes les difficultés. »
Le camarade Shin Il [Kim Jun-yeop] m'a tapoté l'épaule et a dit ceci.
J'ai saisi le verre que Shibuzawa et le piédestal avaient posés.
J'ai fermé les yeux.
Voyez ce verre de bière comme une victoire douce-amère.
--- p.321
Je suis maintenant sur mon propre sol.
Même si je me le répétais, je continuais à penser que j'étais coincé dans le cortège du continent qui avait parcouru des milliers de kilomètres sur la terre jaune.
Notre pays nous attendait vraiment, m'attendait.
Ma ville natale m'attendra toujours······.
J'ai ravalé la partie de moi-même qui me glissait dans la gorge et l'ai serrée contre mon cœur, réalisant ce qui nous accueillait véritablement.
Quelque chose nous a-t-il jamais accueillis comme ces montagnes et ces rivières ? En regardant par la fenêtre de la voiture, j’ai vu une jeune fille émerger des contreforts qui s’éloignaient, portant un seau d’eau, avec un chiot qui courait devant elle.
J'ai couvert mon visage avec ma manche.
Je ne pouvais plus le regarder.
--- p.397
Bien entendu, les forces politiques extérieures qui tentaient de menacer le gouvernement provisoire ont également lancé des attaques persistantes.
Au milieu de ce mouvement vicieux visant à établir un lien avec le gouvernement provisoire, les membres du Conseil d'État s'employaient à comploter à leur guise avec des factions extérieures.
Bien sûr, comme ils revenaient après une longue période d'exil, il était inévitable qu'il y ait des contacts individuels, mais comme ils étaient des fonctionnaires du gouvernement intérimaire, des problèmes sont survenus.
Le nom a toujours été « réunion de bienvenue », et l'autorité et la volonté du gouvernement provisoire ont commencé à s'effriter suite à l'invitation à cette réunion.
Il m'apparaissait clairement, du moins, que j'étais en position d'être accueilli puis abandonné.
« Avions-nous l’intention d’être bien accueillis ? » Le doute qui couvait en moi s’est enfin précisé.
J'ai commencé à ressentir un sentiment d'urgence croissant à agir.
--- p.422
Mais il est clair que l'histoire ne se fait jamais sur des promesses en l'air.
Il n'est pas non plus décoré d'un festin luxueux.
Elle tourne déjà le dos à cet endroit.
(syncope)
Le court soleil d'hiver se coucha derrière les murs du palais Deoksugung, et jusqu'à 17h30, heure à laquelle le soleil couchant projeta de longues ombres sur les piliers de pierre du Seokjojeon, les verres d'alcool continuèrent de circuler lors du banquet animé.
Pendant que le gouvernement provisoire s'activait à accueillir et à inviter les gens, son objectif avait déjà été atteint.
Comme sur une route continentale d'exil, la neige tombait et le vent soufflait, mais personne dans le pays ne pouvait trouver la « route de Chongqing ».
--- p.430
Avis de l'éditeur
▶ 『L'Oreiller de pierre』, considéré comme le meilleur des trois principaux mémoires de l'Armée de libération coréenne,
Publié par Dolbegae Publishing 44 ans après sa première publication !
Le critique littéraire Jo Young-il a salué les mémoires anti-japonaises de Jang Jun-ha, « L'Oreiller de pierre », comme « le meilleur ouvrage littéraire publié en Corée au cours des 100 dernières années ». Avec « Udeungbul » du général Lee Beom-seok et « Jangjeong » de l'ancien président de l'Université de Corée, Kim Jun-yeop, il est depuis longtemps considéré comme l'un des mémoires les plus remarquables écrits par l'Armée de libération coréenne.
Il a été réimprimé à plusieurs reprises depuis sa première publication par Sasangsa, l'éditeur de Sasanggye, par le professeur Jang Jun-ha le 30 avril 1971.
En 1976, l'ouvrage fut publié en deux volumes au Japon sous le titre « L'Oreiller de pierre ? Un testament pour le peuple coréen » (traduit par Ahn Woo-sik) par les éditions Saimaru. En 1978, il fut publié par les éditions Hwada, et en 1985, l'« Anthologie de Jang Jun-ha » par le « Comité de publication de l'anthologie commémorative du 10e anniversaire de l'Anthologie de Jang Jun-ha » parut. Le premier volume, « La voie d'un nationaliste », le deuxième, « L'Oreiller de pierre », et le troisième, « Les troubles du Sasanggye Jisu », furent publiés.
En 1987, l'ouvrage fut publié par Cheonghanmunhwasa sous le titre « Dolbegae : Récit de la lutte anti-japonaise dans la jeunesse », puis, à partir de 1992, par Segyesa. Une version abrégée, « Dolbegae facile à lire », parut en 2006, suivie en 2007 d'une édition reliée révisée.
En 1979, les éditions Dolbegae, qui tirent leur nom de l'ouvrage du professeur Jang Jun-ha et existent encore aujourd'hui, publièrent enfin « Dolbaegae » à l'occasion du quarantième anniversaire de sa disparition. Ne parvenant pas à retrouver le manuscrit original de l'auteur, l'éditeur se basa sur la troisième édition, parue en 1973, et, en se référant à la dernière édition révisée (9e tirage, mars 2014) des Éditions d'histoire mondiale, la compara minutieusement au texte original afin de corriger de nombreuses erreurs et omissions, aboutissant ainsi à une édition entièrement révisée.
▶ De nombreuses erreurs ont été corrigées et des documents supplémentaires, notamment une carte du livre, des planches en couleur et des biographies des personnages clés, ont été ajoutés.
L'édition entièrement révisée de 『Dolbegae』 diffère sensiblement des éditions précédentes à plusieurs égards.
Tout d'abord, qu'il s'agisse de la première édition ou de l'édition d'histoire mondiale, nous avons corrigé de nombreuses erreurs factuelles que l'on supposait être dues à des erreurs de l'auteur ou à des erreurs typographiques à l'époque.
Une part importante de ces erreurs concerne les caractères chinois, et le billet de la « Banque centrale d'épargne » en est un exemple représentatif.
La « Banque centrale d'épargne » était une banque créée par le Japon car le pays avait besoin d'une nouvelle monnaie pour concurrencer celle du Kuomintang. Dans le texte original, elle était orthographiée « China Subi Bank Notes » (中國壽備銀行券), tandis que dans l'édition World History, elle était orthographiée « China Subi Bank Notes » (中國籌備銀行券), avec des caractères coréens et chinois différents. Cependant, un expert chinois a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur due à la prononciation chinoise de « 儲 » (jeo) [tʃ].
De plus, le texte original indique que l'évasion de Kim Jun-yeop a eu lieu « 5 mois » avant celle du groupe de Jang Jun-ha, mais comme Kim Jun-yeop s'est échappé le 29 mars et Jang Jun-ha le 7 juillet, ce délai a été révisé à « 3 mois » selon la plupart des sources pertinentes, y compris le « Jangjeong » de Kim Jun-yeop.
Une autre erreur typique de caractères chinois est « Ganxiangling Bianqiu » (甘陜寧邊區), qui est une erreur courante car les caractères chinois « 癝 » et « 陜 » se ressemblent beaucoup (« Ganxiangling Bianqiu », communément appelé « Shianganling Bianqiu », fait référence à la partie nord de la province du Shaanxi et à la partie est des provinces du Gansu et du Ningxia).
Parmi les 14 articles relatifs aux mesures immédiates du gouvernement provisoire, les caractères chinois incorrectement orthographiés « 광유 » (廣有) et « 철교 » (撤橋) ont été corrigés en « 응유 » (應有) (signifiant « cela devrait exister ») et « 적교 » (signifiant « présence de Japonais dans le pays »). De plus, de nombreuses autres parties ont été rectifiées, telles que Yonghaeseon → Longhaeseon (海線), Cheonggam → Cheonglam, Longyun → Yongyun, Nailhwan → Nawolhwan, Gyeonghwan → Gyeonghan, Hanseongsu → Hanseongsu et Goiso (小機) → Petit (磯).
De plus, les mots coréens purs qui figuraient dans le texte original mais qui ont été omis de l'édition d'histoire mondiale ou utilisés hors contexte ont été conservés dans le texte original, mais des notes éditoriales ont été ajoutées aux mots qui ne figuraient pas dans le dictionnaire afin d'aider les lecteurs à comprendre.
Des exemples représentatifs incluent des mots tels que « sseurumhi » (voir pages 320 et 325) et « geomupurehada » (voir page 346) (pour d'autres révisions, voir les notes détaillées à la page 8).
De plus, grâce au soutien actif de la Fondation commémorative Jang Jun-ha, la nouvelle édition révisée de 『Dolbegae』, qui comprend des cartes détaillées permettant d'appréhender la longue marche de 6 000 ri, diverses planches en couleur non incluses dans les éditions précédentes et des présentations des personnages principaux, devrait devenir l'édition définitive à l'avenir.
▶ Le voyage de 6 000 milles avec « Dolbegae » et le gouvernement provisoire
- L'origine de 'dolbegae'
L'expression « Oreiller de pierre » est tirée de l'histoire de Jacob dans la Genèse 28:10-15 et désignait un code que Jang Jun-ha laissa à sa femme s'il échappait à l'armée japonaise pour devenir membre de l'Armée de libération coréenne.
Jang Jun-ha termine sa lettre par Romains 9:3 : « Car je souhaiterais être moi-même maudit et séparé du Christ à cause de mes frères, mes parents selon la chair », puis écrit une promesse : « Le « coussin de pierre » de Jacob que je devrai porter à l’avenir me rendra encore plus joyeux », et s’échappe ensuite de l’armée.
S'échapper de l'unité Tsukada, réputée pour rarement déserter, était en soi un acte périlleux.
- Fuite de l'armée
Le banquet commémoratif du 7e anniversaire de l'« incident chinois » (le terme japonais pour la « guerre sino-japonaise ») s'est déroulé dans une ambiance bruyante, et toute l'unité était ivre, si bien que même l'appel nominal a été rapidement bouclé.
Jang Jun-ha et son groupe, qui avaient préparé leurs bagages comme s'ils allaient prendre un bain et qui avaient réussi à s'échapper en escaladant la clôture de barbelés, se mirent à courir vers le nord-est avec seulement une boussole, des allumettes et un peu de riz.
Ayant surmonté le canal qui lui barrait la route, la soif et la faim qui semblaient le tuer, et le fait qu'il n'avait avancé que de 150 à 160 li, il parvint à peine à reprendre des forces grâce à l'aide de paysans chinois rencontrés sur place, mais il fut saisi d'un profond désespoir lorsqu'il réalisa qu'il n'avait avancé que de 15 li depuis son unité.
Cependant, l'armée ayant déjà mobilisé les agriculteurs chinois pour mener une opération de recherche à grande échelle, ils ne peuvent plus tergiverser et doivent fuir de toutes leurs forces, mais se trouvent confrontés à un dilemme lorsque la rivière réapparaît.
Par un coup de chance, ils trouvèrent une petite barque et réussirent à traverser la rivière, mais le camarade Kim Young-rok fut laissé pour compte.
Leur fuite prend une tournure dramatique lorsqu'ils sont découverts par une unité de guérilla de l'armée centrale chinoise, ayant renoncé à tout espoir.
Au quartier général de la guérilla, j'ai rencontré Kim Jun-yeop, le premier évadé de l'unité de Tsukada.
Heureusement, le camarade Kim Young-rok a lui aussi été secouru plus tard par l'armée chinoise, et le groupe est passé à cinq.
Entre-temps, il y avait une anecdote plutôt admirable.
Ceci est une histoire vraie liée à Han Zhilong, commandant de la 23e division de l'armée centrale chinoise.
Peu après s'être échappé de l'armée japonaise et avoir été secouru par des guérilleros chinois, une rencontre à deux eut lieu entre le commandant de l'armée japonaise et le commandant Han Zhilong, au cours de laquelle le commandant de l'armée japonaise proposa d'échanger cinq évadés coréens contre 30 Chinois.
L'interprète de l'époque était Kim Jun-yeop, et selon lui, le commandant a catégoriquement rejeté cette offre.
Puis, profitant de l'obscurité, ils déployèrent leurs troupes pour exploiter la faiblesse de l'ennemi.
Par la suite, Jang Jun-ha considéra le commandant Han comme un bienfaiteur d'un pays étranger et le prit pour modèle.
- 3 mois dans le camp d'entraînement de l'Armée de libération coréenne
Jang Jun-ha, Kim Jun-yeop, Kim Yeong-rok, Yun Gyeong-bin et Hong Seok-hun, ces cinq personnes, se sont alors lancés dans un voyage de 6 000 ri pour trouver le gouvernement provisoire à Chongqing.
Un long périple surmonté grâce à la seule détermination de survivre à pied, sans même de chaussures ni de vêtements convenables, pour atteindre le gouvernement provisoire, rencontrer notre chef et nous consacrer au mouvement d'indépendance.
Avec l'aide de l'Armée centrale de Tchang Kaï-chek, le groupe rejoignit l'unité d'entraînement de l'Armée de libération coréenne à Linchuan. Ils y retrouvèrent avec émotion environ 80 jeunes Coréens qui s'y étaient déjà rassemblés et avaient suivi une formation de trois mois au sein de l'Armée de libération coréenne.
Cependant, étant affiliée à l'Académie militaire centrale de Chine, et contrairement à la formation adéquate des soldats chinois, elle ne possède pas un seul fusil, et le groupe souffre d'un grand sentiment d'infériorité.
Pour me débarrasser de l'ennui et de la souffrance liés au gaspillage de temps jour après jour, j'ai décidé de suivre deux cours par jour.
Les différentes conférences ayant suscité un accueil enthousiaste de la part des membres, il a été décidé de compiler ces précieux documents dans un livre intitulé « Deungbul ».
C’est à partir de ce moment que commença la relation de Jang Jun-ha avec le magazine.
Entre-temps, Jang Jun-ha, qui a pris en charge la cuisine, prend une décision qui le tourmente profondément en tant que « chrétien ».
Pour remédier temporairement à la pénurie alimentaire absolue, ils ont décidé de mener une « opération d'infiltration nocturne » afin de déterrer des patates douces dans les champs des agriculteurs chinois.
La scène où lui, un chrétien fervent qui n'a jamais touché à l'alcool ni aux cigarettes et qui, enfant, était même incapable de ramasser l'argent tombé par terre, choisit la voie du « sens des responsabilités » devant ses camarades affamés, révèle clairement le côté humain de Jang Jun-ha.
- Le chemin du retour vers Chongqing pour trouver le gouvernement provisoire
Après avoir obtenu leur diplôme de l'école Hankwangban et avoir été nommés sous-lieutenants dans l'armée chinoise, le groupe se remit en route à la recherche du gouvernement provisoire de Chongqing, ignorant les tentatives insistantes du chef de Hankwangban, Kim Hak-gyu.
Au total, 53 personnes, dont des civils qui leur avaient été remis, ont quitté Linchuan à 13h00 le 30 novembre 1944 et se sont lancées dans une marche de trois mois jusqu'à Chongqing.
Il est difficile d'imaginer aujourd'hui les épreuves qui les attendaient : affronter une colonne hétéroclite de l'armée centrale, traverser la ligne Pyeonghan, sous la juridiction de l'Ilgun, parcourir en moyenne 100 li par jour et être redevables envers les gardes du village, entrer dans un repaire de bandits sans savoir ce qui se passait et s'en sortir de justesse, vie et nourriture à la main, ramper sur le dos, couverts de gale, marcher sans chaussettes, retenus par des cordes attachées à leur peau nue, être attaqués par des avions de chasse japonais, et traverser le col de Pachok, si dangereux que même les hirondelles ne pouvaient le franchir, en plein hiver, ne comptant que sur la chaleur corporelle et la force de volonté des uns et des autres, et même rencontrer un tigre lors de la traversée.
Presque tous les moments difficiles de ce long voyage de 6 000 ri furent des coussins de pierre ou de neige.
- Le gouvernement provisoire de Chongqing est finalement arrivé
Chongqing, atteinte après 8 jours de navigation sur le fleuve Yangtsé à bord d'un navire militaire de 5 000 tonnes en provenance de Badung.
Mais ce qui les accueillit en premier fut un vieux bâtiment en ruine.
Le groupe ne pouvait cacher sa déception face à son état vétuste, mais heureusement, le nouveau bâtiment du gouvernement provisoire avait été déplacé ailleurs quatre mois auparavant.
Ce n'est que lorsqu'ils virent le Taegeukgi flotter sur le bâtiment d'un seul étage qui semblait être un immeuble de cinq étages construit sur une couche rocheuse que le groupe ressentit une vague d'émotion et une joie débordante.
Le 31 janvier 1945, après avoir reçu l'inspection officielle du général Lee Cheong-cheon, commandant en chef de l'Armée de libération coréenne, le groupe rencontra pour la première fois le président Kim Gu et les ministres du gouvernement provisoire. Profondément émus d'avoir enfin trouvé un lieu où s'investir, ils pleurèrent amèrement lors de la cérémonie d'accueil.
Mais cet élan d'enthousiasme fut de courte durée, et les innombrables luttes intestines au sein du gouvernement provisoire s'estompèrent rapidement.
Alors que le groupe refuse catégoriquement les interminables réceptions de bienvenue, remplies de manœuvres visant à absorber ne serait-ce qu'une personne de plus dans leur faction, Jang Jun-ha finit par faire une déclaration fracassante lors de la réunion hebdomadaire où se rassemblent non seulement les ministres du gouvernement provisoire, mais aussi la communauté coréenne de Chongqing.
«…Si possible, j’aimerais quitter cet endroit et retourner dans l’armée.»
Si je m'engage dans l'armée cette fois-ci, je veux absolument postuler pour le Corps aérien de l'armée.
Si je devais m'engager dans l'armée de l'air coréenne, je me porterais volontaire pour bombarder Chongqing et larguer une bombe sur le bâtiment du gouvernement provisoire.
Pourquoi ? Vous prétendez, vous autres enseignants, avoir oublié toute la souffrance que vous avez infligée aux Japonais ? Si ce désir de vengeance brûle encore, comment expliquer l'obsession du Gouvernement provisoire pour ses propres querelles et ses propres partis ?… … Il est clair que nous sommes venus ici pour choisir la voie de la mort pour notre pays, et non pour errer sans but, les dents serrées, en nous laissant manipuler.
- Formation du général Lee Beom-seok et de l'OSS
Je suis arrivée au sein du gouvernement provisoire que j'avais tant espéré, mais même là, la lutte contre l'inaction se poursuivait sans qu'il y ait rien à faire.
Ne supportant plus l'ennui, Jang Jun-ha demanda bientôt au gouvernement provisoire de le transférer dans un petit village appelé Tuchao, où il chercha activement du travail, essayant même de continuer à publier le magazine qu'il avait précédemment publié, et renforça sa discipline, s'efforçant de mener une vie digne de l'Armée de libération coréenne.
Puis, le destin, sous couvert de coïncidence, intervient et il rencontre le général Lee Beom-seok, commandant du 2e district de l'Armée de libération coréenne.
En apprenant que la 2e division de l'Armée de libération coréenne prévoit de s'entraîner avec l'armée américaine à Xi'an en vue d'une opération d'infiltration en Corée, il est submergé par une excitation incontrôlable.
Finalement affecté à la 2e division de l'Armée de libération coréenne, Jang Jun-ha et son groupe passent des journées blanches à penser à se sacrifier pour leur pays, utilisant même des pseudonymes pour éviter les fuites d'informations.
Le 29 avril 1945, jour même où le président Kim Gu avait envoyé le martyr Yun Bong-gil à la mort, Jang Jun-ha et une trentaine d'autres jeunes soldats de l'Armée de libération coréenne se rassemblèrent à nouveau dans la cour du bâtiment du gouvernement provisoire et partirent pour le district de Duqu à Xi'an, laissant derrière eux le discours d'adieu poignant du président Kim Gu.
Par la suite, le groupe fut affecté à l'OSS (Service de renseignement stratégique des États-Unis) et commença un entraînement spécialisé. Pendant trois mois, ils se consacrèrent à la formation dans leurs domaines de spécialisation respectifs, attendant avec impatience le jour de leur retour au pays.
Puis, le 10 août 1945, une bonne nouvelle inattendue parvint : le Japon avait notifié aux puissances alliées qu'il accepterait sans condition la déclaration de Potsdam.
Mais pour ces personnes, ce fut un moment mêlé de déception et de joie.
Le regret était que si le débarquement allié dans la péninsule coréenne avait eu lieu quelques jours plus tôt, ils auraient sacrifié leur vie pour leur pays.
Le retour du gouvernement provisoire et les jours passés comme secrétaire du président Kim Gu
Le 14 août 1945, Jang Jun-ha et son groupe embarquèrent à bord d'un avion pour entrer en Corée avec le quartier général militaire américain en Chine.
Malheureusement, ce matin-là, le porte-avions américain fut attaqué par les forces spéciales japonaises et reçut l'ordre de rebrousser chemin depuis la péninsule du Shandong.
Le matin du 18, quatre jours après être rentrés à Xi'an avec une déception indescriptible, le groupe a finalement quitté Xi'an et a éprouvé le frisson de l'atterrissage à l'aéroport de Yeouido.
Mais la joie fut de courte durée, car l'armée japonaise, pleine de ressources, empêcha le colonel Burns de retourner à Xi'an après avoir fait le plein d'essence.
Bien que ce ne fût que pour une très courte période, Jang Jun-ha a vécu l'expérience unique d'être le premier combattant indépendantiste d'outre-mer à fouler le sol de sa patrie.
Le 23 novembre 1945, le premier groupe du gouvernement provisoire de retour en Corée, dirigé par le président Kim Gu, arriva finalement à l'aéroport de Gimpo en provenance de Shanghai à bord d'un avion de transport militaire américain de taille moyenne.
Le dirigeant de la nation, l'espoir de 30 millions de personnes et un combattant révolutionnaire, a foulé le sol de sa patrie pour la première fois en 30 ans, mais il n'y avait même pas une foule pour l'accueillir, et le gouvernement militaire américain a limité l'entrée de Kim Gu et de son parti à un « statut individuel » plutôt qu'à une intégration au gouvernement provisoire.
Après bien des péripéties, il arriva à Gyeonggyojang, où affluaient les journalistes, alertés par les rumeurs, et où des personnalités importantes, dont Syngman Rhee, se rendaient sans cesse. De ce fait, Jang Jun-ha, secrétaire du président Kim Gu, était tellement débordé qu'il ne pouvait même pas songer à rendre visite à sa propre famille.
Pendant ce temps, avec toutes ces fêtes de bienvenue organisées de toutes parts, Jang Jun-ha est envahi par le doute et se demande : « Est-ce vraiment le genre d'accueil auquel je suis revenu ? »
De plus, comme pour le gouvernement provisoire, je ressens une profonde inquiétude et une grande déception face à la situation intérieure, divisée en de nombreuses factions, chacune faisant entendre sa voix.
La partie où les quatre dirigeants du parti, Song Jin-woo, Yeo Woon-hyung, Ahn Jae-hong et Heo Heon, ont été observés en marge, et où leurs remarques et évaluations personnelles ont été ajoutées, nous donne une bonne idée de l'atmosphère tumultueuse de l'époque.
De plus, les différentes facettes de Baekbeom Kim Gu sont clairement révélées, telles que son calme inébranlable face à eux, son émotion bouleversante lorsqu'il rencontre des enfants innocents et son regret tourmenté de ne pas avoir pu établir un gouvernement complet, laissant au lecteur un profond sentiment de solennité.
Même après le retour en Corée du deuxième groupe du gouvernement provisoire le 1er décembre, le long voyage s'est achevé sur le constat que, tandis que des fêtes de bienvenue étaient organisées au milieu du chaos, le sort de notre peuple était déjà manipulé par les nations puissantes, et que la raison d'être du gouvernement provisoire était également anéantie.
Publié par Dolbegae Publishing 44 ans après sa première publication !
Le critique littéraire Jo Young-il a salué les mémoires anti-japonaises de Jang Jun-ha, « L'Oreiller de pierre », comme « le meilleur ouvrage littéraire publié en Corée au cours des 100 dernières années ». Avec « Udeungbul » du général Lee Beom-seok et « Jangjeong » de l'ancien président de l'Université de Corée, Kim Jun-yeop, il est depuis longtemps considéré comme l'un des mémoires les plus remarquables écrits par l'Armée de libération coréenne.
Il a été réimprimé à plusieurs reprises depuis sa première publication par Sasangsa, l'éditeur de Sasanggye, par le professeur Jang Jun-ha le 30 avril 1971.
En 1976, l'ouvrage fut publié en deux volumes au Japon sous le titre « L'Oreiller de pierre ? Un testament pour le peuple coréen » (traduit par Ahn Woo-sik) par les éditions Saimaru. En 1978, il fut publié par les éditions Hwada, et en 1985, l'« Anthologie de Jang Jun-ha » par le « Comité de publication de l'anthologie commémorative du 10e anniversaire de l'Anthologie de Jang Jun-ha » parut. Le premier volume, « La voie d'un nationaliste », le deuxième, « L'Oreiller de pierre », et le troisième, « Les troubles du Sasanggye Jisu », furent publiés.
En 1987, l'ouvrage fut publié par Cheonghanmunhwasa sous le titre « Dolbegae : Récit de la lutte anti-japonaise dans la jeunesse », puis, à partir de 1992, par Segyesa. Une version abrégée, « Dolbegae facile à lire », parut en 2006, suivie en 2007 d'une édition reliée révisée.
En 1979, les éditions Dolbegae, qui tirent leur nom de l'ouvrage du professeur Jang Jun-ha et existent encore aujourd'hui, publièrent enfin « Dolbaegae » à l'occasion du quarantième anniversaire de sa disparition. Ne parvenant pas à retrouver le manuscrit original de l'auteur, l'éditeur se basa sur la troisième édition, parue en 1973, et, en se référant à la dernière édition révisée (9e tirage, mars 2014) des Éditions d'histoire mondiale, la compara minutieusement au texte original afin de corriger de nombreuses erreurs et omissions, aboutissant ainsi à une édition entièrement révisée.
▶ De nombreuses erreurs ont été corrigées et des documents supplémentaires, notamment une carte du livre, des planches en couleur et des biographies des personnages clés, ont été ajoutés.
L'édition entièrement révisée de 『Dolbegae』 diffère sensiblement des éditions précédentes à plusieurs égards.
Tout d'abord, qu'il s'agisse de la première édition ou de l'édition d'histoire mondiale, nous avons corrigé de nombreuses erreurs factuelles que l'on supposait être dues à des erreurs de l'auteur ou à des erreurs typographiques à l'époque.
Une part importante de ces erreurs concerne les caractères chinois, et le billet de la « Banque centrale d'épargne » en est un exemple représentatif.
La « Banque centrale d'épargne » était une banque créée par le Japon car le pays avait besoin d'une nouvelle monnaie pour concurrencer celle du Kuomintang. Dans le texte original, elle était orthographiée « China Subi Bank Notes » (中國壽備銀行券), tandis que dans l'édition World History, elle était orthographiée « China Subi Bank Notes » (中國籌備銀行券), avec des caractères coréens et chinois différents. Cependant, un expert chinois a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur due à la prononciation chinoise de « 儲 » (jeo) [tʃ].
De plus, le texte original indique que l'évasion de Kim Jun-yeop a eu lieu « 5 mois » avant celle du groupe de Jang Jun-ha, mais comme Kim Jun-yeop s'est échappé le 29 mars et Jang Jun-ha le 7 juillet, ce délai a été révisé à « 3 mois » selon la plupart des sources pertinentes, y compris le « Jangjeong » de Kim Jun-yeop.
Une autre erreur typique de caractères chinois est « Ganxiangling Bianqiu » (甘陜寧邊區), qui est une erreur courante car les caractères chinois « 癝 » et « 陜 » se ressemblent beaucoup (« Ganxiangling Bianqiu », communément appelé « Shianganling Bianqiu », fait référence à la partie nord de la province du Shaanxi et à la partie est des provinces du Gansu et du Ningxia).
Parmi les 14 articles relatifs aux mesures immédiates du gouvernement provisoire, les caractères chinois incorrectement orthographiés « 광유 » (廣有) et « 철교 » (撤橋) ont été corrigés en « 응유 » (應有) (signifiant « cela devrait exister ») et « 적교 » (signifiant « présence de Japonais dans le pays »). De plus, de nombreuses autres parties ont été rectifiées, telles que Yonghaeseon → Longhaeseon (海線), Cheonggam → Cheonglam, Longyun → Yongyun, Nailhwan → Nawolhwan, Gyeonghwan → Gyeonghan, Hanseongsu → Hanseongsu et Goiso (小機) → Petit (磯).
De plus, les mots coréens purs qui figuraient dans le texte original mais qui ont été omis de l'édition d'histoire mondiale ou utilisés hors contexte ont été conservés dans le texte original, mais des notes éditoriales ont été ajoutées aux mots qui ne figuraient pas dans le dictionnaire afin d'aider les lecteurs à comprendre.
Des exemples représentatifs incluent des mots tels que « sseurumhi » (voir pages 320 et 325) et « geomupurehada » (voir page 346) (pour d'autres révisions, voir les notes détaillées à la page 8).
De plus, grâce au soutien actif de la Fondation commémorative Jang Jun-ha, la nouvelle édition révisée de 『Dolbegae』, qui comprend des cartes détaillées permettant d'appréhender la longue marche de 6 000 ri, diverses planches en couleur non incluses dans les éditions précédentes et des présentations des personnages principaux, devrait devenir l'édition définitive à l'avenir.
▶ Le voyage de 6 000 milles avec « Dolbegae » et le gouvernement provisoire
- L'origine de 'dolbegae'
L'expression « Oreiller de pierre » est tirée de l'histoire de Jacob dans la Genèse 28:10-15 et désignait un code que Jang Jun-ha laissa à sa femme s'il échappait à l'armée japonaise pour devenir membre de l'Armée de libération coréenne.
Jang Jun-ha termine sa lettre par Romains 9:3 : « Car je souhaiterais être moi-même maudit et séparé du Christ à cause de mes frères, mes parents selon la chair », puis écrit une promesse : « Le « coussin de pierre » de Jacob que je devrai porter à l’avenir me rendra encore plus joyeux », et s’échappe ensuite de l’armée.
S'échapper de l'unité Tsukada, réputée pour rarement déserter, était en soi un acte périlleux.
- Fuite de l'armée
Le banquet commémoratif du 7e anniversaire de l'« incident chinois » (le terme japonais pour la « guerre sino-japonaise ») s'est déroulé dans une ambiance bruyante, et toute l'unité était ivre, si bien que même l'appel nominal a été rapidement bouclé.
Jang Jun-ha et son groupe, qui avaient préparé leurs bagages comme s'ils allaient prendre un bain et qui avaient réussi à s'échapper en escaladant la clôture de barbelés, se mirent à courir vers le nord-est avec seulement une boussole, des allumettes et un peu de riz.
Ayant surmonté le canal qui lui barrait la route, la soif et la faim qui semblaient le tuer, et le fait qu'il n'avait avancé que de 150 à 160 li, il parvint à peine à reprendre des forces grâce à l'aide de paysans chinois rencontrés sur place, mais il fut saisi d'un profond désespoir lorsqu'il réalisa qu'il n'avait avancé que de 15 li depuis son unité.
Cependant, l'armée ayant déjà mobilisé les agriculteurs chinois pour mener une opération de recherche à grande échelle, ils ne peuvent plus tergiverser et doivent fuir de toutes leurs forces, mais se trouvent confrontés à un dilemme lorsque la rivière réapparaît.
Par un coup de chance, ils trouvèrent une petite barque et réussirent à traverser la rivière, mais le camarade Kim Young-rok fut laissé pour compte.
Leur fuite prend une tournure dramatique lorsqu'ils sont découverts par une unité de guérilla de l'armée centrale chinoise, ayant renoncé à tout espoir.
Au quartier général de la guérilla, j'ai rencontré Kim Jun-yeop, le premier évadé de l'unité de Tsukada.
Heureusement, le camarade Kim Young-rok a lui aussi été secouru plus tard par l'armée chinoise, et le groupe est passé à cinq.
Entre-temps, il y avait une anecdote plutôt admirable.
Ceci est une histoire vraie liée à Han Zhilong, commandant de la 23e division de l'armée centrale chinoise.
Peu après s'être échappé de l'armée japonaise et avoir été secouru par des guérilleros chinois, une rencontre à deux eut lieu entre le commandant de l'armée japonaise et le commandant Han Zhilong, au cours de laquelle le commandant de l'armée japonaise proposa d'échanger cinq évadés coréens contre 30 Chinois.
L'interprète de l'époque était Kim Jun-yeop, et selon lui, le commandant a catégoriquement rejeté cette offre.
Puis, profitant de l'obscurité, ils déployèrent leurs troupes pour exploiter la faiblesse de l'ennemi.
Par la suite, Jang Jun-ha considéra le commandant Han comme un bienfaiteur d'un pays étranger et le prit pour modèle.
- 3 mois dans le camp d'entraînement de l'Armée de libération coréenne
Jang Jun-ha, Kim Jun-yeop, Kim Yeong-rok, Yun Gyeong-bin et Hong Seok-hun, ces cinq personnes, se sont alors lancés dans un voyage de 6 000 ri pour trouver le gouvernement provisoire à Chongqing.
Un long périple surmonté grâce à la seule détermination de survivre à pied, sans même de chaussures ni de vêtements convenables, pour atteindre le gouvernement provisoire, rencontrer notre chef et nous consacrer au mouvement d'indépendance.
Avec l'aide de l'Armée centrale de Tchang Kaï-chek, le groupe rejoignit l'unité d'entraînement de l'Armée de libération coréenne à Linchuan. Ils y retrouvèrent avec émotion environ 80 jeunes Coréens qui s'y étaient déjà rassemblés et avaient suivi une formation de trois mois au sein de l'Armée de libération coréenne.
Cependant, étant affiliée à l'Académie militaire centrale de Chine, et contrairement à la formation adéquate des soldats chinois, elle ne possède pas un seul fusil, et le groupe souffre d'un grand sentiment d'infériorité.
Pour me débarrasser de l'ennui et de la souffrance liés au gaspillage de temps jour après jour, j'ai décidé de suivre deux cours par jour.
Les différentes conférences ayant suscité un accueil enthousiaste de la part des membres, il a été décidé de compiler ces précieux documents dans un livre intitulé « Deungbul ».
C’est à partir de ce moment que commença la relation de Jang Jun-ha avec le magazine.
Entre-temps, Jang Jun-ha, qui a pris en charge la cuisine, prend une décision qui le tourmente profondément en tant que « chrétien ».
Pour remédier temporairement à la pénurie alimentaire absolue, ils ont décidé de mener une « opération d'infiltration nocturne » afin de déterrer des patates douces dans les champs des agriculteurs chinois.
La scène où lui, un chrétien fervent qui n'a jamais touché à l'alcool ni aux cigarettes et qui, enfant, était même incapable de ramasser l'argent tombé par terre, choisit la voie du « sens des responsabilités » devant ses camarades affamés, révèle clairement le côté humain de Jang Jun-ha.
- Le chemin du retour vers Chongqing pour trouver le gouvernement provisoire
Après avoir obtenu leur diplôme de l'école Hankwangban et avoir été nommés sous-lieutenants dans l'armée chinoise, le groupe se remit en route à la recherche du gouvernement provisoire de Chongqing, ignorant les tentatives insistantes du chef de Hankwangban, Kim Hak-gyu.
Au total, 53 personnes, dont des civils qui leur avaient été remis, ont quitté Linchuan à 13h00 le 30 novembre 1944 et se sont lancées dans une marche de trois mois jusqu'à Chongqing.
Il est difficile d'imaginer aujourd'hui les épreuves qui les attendaient : affronter une colonne hétéroclite de l'armée centrale, traverser la ligne Pyeonghan, sous la juridiction de l'Ilgun, parcourir en moyenne 100 li par jour et être redevables envers les gardes du village, entrer dans un repaire de bandits sans savoir ce qui se passait et s'en sortir de justesse, vie et nourriture à la main, ramper sur le dos, couverts de gale, marcher sans chaussettes, retenus par des cordes attachées à leur peau nue, être attaqués par des avions de chasse japonais, et traverser le col de Pachok, si dangereux que même les hirondelles ne pouvaient le franchir, en plein hiver, ne comptant que sur la chaleur corporelle et la force de volonté des uns et des autres, et même rencontrer un tigre lors de la traversée.
Presque tous les moments difficiles de ce long voyage de 6 000 ri furent des coussins de pierre ou de neige.
- Le gouvernement provisoire de Chongqing est finalement arrivé
Chongqing, atteinte après 8 jours de navigation sur le fleuve Yangtsé à bord d'un navire militaire de 5 000 tonnes en provenance de Badung.
Mais ce qui les accueillit en premier fut un vieux bâtiment en ruine.
Le groupe ne pouvait cacher sa déception face à son état vétuste, mais heureusement, le nouveau bâtiment du gouvernement provisoire avait été déplacé ailleurs quatre mois auparavant.
Ce n'est que lorsqu'ils virent le Taegeukgi flotter sur le bâtiment d'un seul étage qui semblait être un immeuble de cinq étages construit sur une couche rocheuse que le groupe ressentit une vague d'émotion et une joie débordante.
Le 31 janvier 1945, après avoir reçu l'inspection officielle du général Lee Cheong-cheon, commandant en chef de l'Armée de libération coréenne, le groupe rencontra pour la première fois le président Kim Gu et les ministres du gouvernement provisoire. Profondément émus d'avoir enfin trouvé un lieu où s'investir, ils pleurèrent amèrement lors de la cérémonie d'accueil.
Mais cet élan d'enthousiasme fut de courte durée, et les innombrables luttes intestines au sein du gouvernement provisoire s'estompèrent rapidement.
Alors que le groupe refuse catégoriquement les interminables réceptions de bienvenue, remplies de manœuvres visant à absorber ne serait-ce qu'une personne de plus dans leur faction, Jang Jun-ha finit par faire une déclaration fracassante lors de la réunion hebdomadaire où se rassemblent non seulement les ministres du gouvernement provisoire, mais aussi la communauté coréenne de Chongqing.
«…Si possible, j’aimerais quitter cet endroit et retourner dans l’armée.»
Si je m'engage dans l'armée cette fois-ci, je veux absolument postuler pour le Corps aérien de l'armée.
Si je devais m'engager dans l'armée de l'air coréenne, je me porterais volontaire pour bombarder Chongqing et larguer une bombe sur le bâtiment du gouvernement provisoire.
Pourquoi ? Vous prétendez, vous autres enseignants, avoir oublié toute la souffrance que vous avez infligée aux Japonais ? Si ce désir de vengeance brûle encore, comment expliquer l'obsession du Gouvernement provisoire pour ses propres querelles et ses propres partis ?… … Il est clair que nous sommes venus ici pour choisir la voie de la mort pour notre pays, et non pour errer sans but, les dents serrées, en nous laissant manipuler.
- Formation du général Lee Beom-seok et de l'OSS
Je suis arrivée au sein du gouvernement provisoire que j'avais tant espéré, mais même là, la lutte contre l'inaction se poursuivait sans qu'il y ait rien à faire.
Ne supportant plus l'ennui, Jang Jun-ha demanda bientôt au gouvernement provisoire de le transférer dans un petit village appelé Tuchao, où il chercha activement du travail, essayant même de continuer à publier le magazine qu'il avait précédemment publié, et renforça sa discipline, s'efforçant de mener une vie digne de l'Armée de libération coréenne.
Puis, le destin, sous couvert de coïncidence, intervient et il rencontre le général Lee Beom-seok, commandant du 2e district de l'Armée de libération coréenne.
En apprenant que la 2e division de l'Armée de libération coréenne prévoit de s'entraîner avec l'armée américaine à Xi'an en vue d'une opération d'infiltration en Corée, il est submergé par une excitation incontrôlable.
Finalement affecté à la 2e division de l'Armée de libération coréenne, Jang Jun-ha et son groupe passent des journées blanches à penser à se sacrifier pour leur pays, utilisant même des pseudonymes pour éviter les fuites d'informations.
Le 29 avril 1945, jour même où le président Kim Gu avait envoyé le martyr Yun Bong-gil à la mort, Jang Jun-ha et une trentaine d'autres jeunes soldats de l'Armée de libération coréenne se rassemblèrent à nouveau dans la cour du bâtiment du gouvernement provisoire et partirent pour le district de Duqu à Xi'an, laissant derrière eux le discours d'adieu poignant du président Kim Gu.
Par la suite, le groupe fut affecté à l'OSS (Service de renseignement stratégique des États-Unis) et commença un entraînement spécialisé. Pendant trois mois, ils se consacrèrent à la formation dans leurs domaines de spécialisation respectifs, attendant avec impatience le jour de leur retour au pays.
Puis, le 10 août 1945, une bonne nouvelle inattendue parvint : le Japon avait notifié aux puissances alliées qu'il accepterait sans condition la déclaration de Potsdam.
Mais pour ces personnes, ce fut un moment mêlé de déception et de joie.
Le regret était que si le débarquement allié dans la péninsule coréenne avait eu lieu quelques jours plus tôt, ils auraient sacrifié leur vie pour leur pays.
Le retour du gouvernement provisoire et les jours passés comme secrétaire du président Kim Gu
Le 14 août 1945, Jang Jun-ha et son groupe embarquèrent à bord d'un avion pour entrer en Corée avec le quartier général militaire américain en Chine.
Malheureusement, ce matin-là, le porte-avions américain fut attaqué par les forces spéciales japonaises et reçut l'ordre de rebrousser chemin depuis la péninsule du Shandong.
Le matin du 18, quatre jours après être rentrés à Xi'an avec une déception indescriptible, le groupe a finalement quitté Xi'an et a éprouvé le frisson de l'atterrissage à l'aéroport de Yeouido.
Mais la joie fut de courte durée, car l'armée japonaise, pleine de ressources, empêcha le colonel Burns de retourner à Xi'an après avoir fait le plein d'essence.
Bien que ce ne fût que pour une très courte période, Jang Jun-ha a vécu l'expérience unique d'être le premier combattant indépendantiste d'outre-mer à fouler le sol de sa patrie.
Le 23 novembre 1945, le premier groupe du gouvernement provisoire de retour en Corée, dirigé par le président Kim Gu, arriva finalement à l'aéroport de Gimpo en provenance de Shanghai à bord d'un avion de transport militaire américain de taille moyenne.
Le dirigeant de la nation, l'espoir de 30 millions de personnes et un combattant révolutionnaire, a foulé le sol de sa patrie pour la première fois en 30 ans, mais il n'y avait même pas une foule pour l'accueillir, et le gouvernement militaire américain a limité l'entrée de Kim Gu et de son parti à un « statut individuel » plutôt qu'à une intégration au gouvernement provisoire.
Après bien des péripéties, il arriva à Gyeonggyojang, où affluaient les journalistes, alertés par les rumeurs, et où des personnalités importantes, dont Syngman Rhee, se rendaient sans cesse. De ce fait, Jang Jun-ha, secrétaire du président Kim Gu, était tellement débordé qu'il ne pouvait même pas songer à rendre visite à sa propre famille.
Pendant ce temps, avec toutes ces fêtes de bienvenue organisées de toutes parts, Jang Jun-ha est envahi par le doute et se demande : « Est-ce vraiment le genre d'accueil auquel je suis revenu ? »
De plus, comme pour le gouvernement provisoire, je ressens une profonde inquiétude et une grande déception face à la situation intérieure, divisée en de nombreuses factions, chacune faisant entendre sa voix.
La partie où les quatre dirigeants du parti, Song Jin-woo, Yeo Woon-hyung, Ahn Jae-hong et Heo Heon, ont été observés en marge, et où leurs remarques et évaluations personnelles ont été ajoutées, nous donne une bonne idée de l'atmosphère tumultueuse de l'époque.
De plus, les différentes facettes de Baekbeom Kim Gu sont clairement révélées, telles que son calme inébranlable face à eux, son émotion bouleversante lorsqu'il rencontre des enfants innocents et son regret tourmenté de ne pas avoir pu établir un gouvernement complet, laissant au lecteur un profond sentiment de solennité.
Même après le retour en Corée du deuxième groupe du gouvernement provisoire le 1er décembre, le long voyage s'est achevé sur le constat que, tandis que des fêtes de bienvenue étaient organisées au milieu du chaos, le sort de notre peuple était déjà manipulé par les nations puissantes, et que la raison d'être du gouvernement provisoire était également anéantie.
SPÉCIFICATIONS DES PRODUITS
- Date de publication : 18 mai 2015
Nombre de pages, poids, dimensions : 460 pages | 732 g | 153 × 224 × 30 mm
- ISBN13 : 9788971996706
- ISBN10 : 8971996706
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Langue coréenne
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