
L'opium des intellectuels
Description
Introduction au livre
L'opium du communisme, fondé sur le marxisme, incite à la révolte. En tentant d'expliquer l'attitude des intellectuels, impitoyables envers les failles de la démocratie mais tolérants envers les pires crimes commis au nom d'une doctrine juste, je me suis rapidement heurté aux mots sacrés « gauche », « révolution » et « prolétariat ». La critique de leurs mythes m'a amené à réfléchir sur le culte de l'histoire et à examiner une catégorie sociale à laquelle les sociologues n'ont pas encore manifesté d'intérêt. C'est cela, « Intelligentia ». En tant que membre d'une famille de gauche, et après avoir achevé ce livre dédié à cette famille, je suis enclin à rompre tout lien avec elle. Il ne s'agit pas de sombrer dans l'isolement. Il s'agit plutôt de sélectionner des sympathisants parmi ceux qui savent lutter sans haine et qui ne considèrent pas le débat public comme le secret du destin humain. |
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Aperçu
indice
introduction
Partie 1 Mythes politiques
Chapitre 1 : Le mythe de la gauche
Mythe rétrospectif
Séparation des valeurs
Dialectique des institutions
Idéal et réalité
Chapitre 2 : Le mythe de la révolution
La Révolution française et les révolutions mineures
La majesté de la révolution
Rébellion et révolution
La situation en France est-elle révolutionnaire ?
Chapitre 3 : Le mythe du prolétariat
Définition du prolétariat
Libération réelle et libération idéologique
La tentation de la libération idéologique
La banalité de la libération réaliste
Sur l'optimisme politique
Deuxième partie : L'idolâtrie de l'histoire
Chapitre 4 : Le clergé et les croyants
L'infaillibilité du parti
l'idéalisme révolutionnaire
Procès et aveu
À propos de la soi-disant justice révolutionnaire
Chapitre 5 : La signification de l'histoire
pluralité de significations
Unités d'histoire
Le but de l'histoire
Histoire et fanatisme
Chapitre 6 : L'illusion de la nécessité
déterminisme contingent
Prédictions théoriques
prédictions historiques
Sur la dialectique
De la domination de l'histoire
Troisième partie : L'aliénation des intellectuels
Chapitre 7 : Les intellectuels et leurs patries
À propos d'« Intelligentia »
Intelligentsia et politique
Le paradis des intellectuels
L'enfer des intellectuels
Chapitre 8 : Intellectuels et idéologie
Faits clés
Débat national
Les intellectuels japonais et le modèle français
influence indienne et britannique
Chapitre 9 : Les intellectuels en quête de religion
opinions économiques ou religions laïques
combattants et sympathisants
De la religion civile au stalinisme
cléricalisme séculier
Le destin d'« Intelligentia »
Conclusion : L’ère des idéologies prendra-t-elle fin ?
Note du traducteur
Partie 1 Mythes politiques
Chapitre 1 : Le mythe de la gauche
Mythe rétrospectif
Séparation des valeurs
Dialectique des institutions
Idéal et réalité
Chapitre 2 : Le mythe de la révolution
La Révolution française et les révolutions mineures
La majesté de la révolution
Rébellion et révolution
La situation en France est-elle révolutionnaire ?
Chapitre 3 : Le mythe du prolétariat
Définition du prolétariat
Libération réelle et libération idéologique
La tentation de la libération idéologique
La banalité de la libération réaliste
Sur l'optimisme politique
Deuxième partie : L'idolâtrie de l'histoire
Chapitre 4 : Le clergé et les croyants
L'infaillibilité du parti
l'idéalisme révolutionnaire
Procès et aveu
À propos de la soi-disant justice révolutionnaire
Chapitre 5 : La signification de l'histoire
pluralité de significations
Unités d'histoire
Le but de l'histoire
Histoire et fanatisme
Chapitre 6 : L'illusion de la nécessité
déterminisme contingent
Prédictions théoriques
prédictions historiques
Sur la dialectique
De la domination de l'histoire
Troisième partie : L'aliénation des intellectuels
Chapitre 7 : Les intellectuels et leurs patries
À propos d'« Intelligentia »
Intelligentsia et politique
Le paradis des intellectuels
L'enfer des intellectuels
Chapitre 8 : Intellectuels et idéologie
Faits clés
Débat national
Les intellectuels japonais et le modèle français
influence indienne et britannique
Chapitre 9 : Les intellectuels en quête de religion
opinions économiques ou religions laïques
combattants et sympathisants
De la religion civile au stalinisme
cléricalisme séculier
Le destin d'« Intelligentia »
Conclusion : L’ère des idéologies prendra-t-elle fin ?
Note du traducteur
Dans le livre
Le mythe de gauche crée l'illusion que le cours de l'histoire est un processus d'accumulation de richesses pour chaque génération, menant à une fin heureuse.
Grâce au socialisme, la liberté formelle conquise par la bourgeoisie peut être complétée par une liberté réelle.
Bien sûr, l'histoire est dialectique.
Pas au sens strict que les communistes actuels donnent à ce mot.
---Extrait du « Chapitre 1 : Le mythe de la gauche »
Le mythe de la révolution recèle des significations à la fois complémentaires et opposées.
Le mythe de la révolution alimente l'espoir d'une rupture radicale avec le cours ordinaire de l'histoire humaine.
Le mythe de la révolution semble lui aussi naître d'une réflexion sur le passé.
Ceux qui ont préparé la Révolution française en diffusant une pensée incompatible avec l'ancien système n'ont ni prévu ni souhaité l'effondrement complet du vieux monde.
---Extrait du « Chapitre 2 : Le mythe de la révolution »
Le marxisme n'est pas une étude des malheurs de la classe ouvrière, mais plutôt une philosophie d'intellectuels qui ont séduit une partie du prolétariat.
De plus, le communisme, loin d'être la philosophie inhérente au prolétariat, n'utilise qu'une pseudo-étude appelée marxisme à ses propres fins, à savoir, s'emparer du pouvoir.
Les travailleurs ne croient pas avoir été choisis pour le salut de l'humanité.
Ils aspirent plutôt à une ascension vers la bourgeoisie.
---Extrait du chapitre 3, Le mythe du prolétariat
Le dogmatisme des communistes orthodoxes, qu'il soit sincère ou de façade, menace non seulement les non-communistes, mais aussi les convertis et les traîtres.
Si un prêtre détenait la vérité universelle, il n'aurait aucune raison de craindre de professer une nouvelle foi à un païen.
De telles confessions prennent la forme d'une autobiographie écrite par un non-croyant selon les catégories et les termes qui lui sont imposés par le croyant.
---Extrait du « Chapitre 4 : Clergé et croyants »
L'erreur qui résulte de la combinaison de l'absolutisme et du relativisme ne correspond pas non plus à la logique qui consiste à chercher à connaître les faits humains en remontant au passé.
Les historiens, les sociologues et les juristes peuvent tirer de multiples significations des actions, des institutions et des lois.
Mais ils ne parviennent pas à trouver une signification « unique » pour l'ensemble.
L'histoire n'est pas absurde.
Mais nul vivant ne connaît le sens ultime de l'histoire.
---Extrait du chapitre 5, La signification de l'histoire
Nous n'excluons pas la possibilité que l'évolution future aboutisse à une économie comportant moins d'éléments capitalistes.
Nous affirmons seulement que cette évolution n'est pas soumise à un déterminisme rigide résultant de conflits entre certaines variables fondamentales.
Même en ne considérant que les grandes orientations, de tels développements ne relèvent pas d'une simple fatalité, mais s'inscrivent dans une histoire complexe.
---Extrait du « Chapitre 6 : L'illusion de la nécessité »
Les intellectuels, lorsqu'ils jugent leurs pays et leurs institutions, sont plus enclins à opposer la réalité présente à des idées qu'à d'autres réalités.
Par exemple, au lieu de comparer la France d'aujourd'hui à la France d'hier, ils la comparent à leur propre vision de ce que devrait être la France.
Aucune institution humaine ne peut résister à une telle épreuve sans être endommagée.
---Extrait du chapitre 7 : Les intellectuels et leur patrie
Ce qui constitue l'indépendance du communisme, c'est le dogme de sa théorie et l'obéissance inconditionnelle de ses combattants.
Un tel communisme est intellectuellement inférieur à l'interprétation ouverte et libre de l'idéologie progressiste, mais pour ceux qui recherchent la foi, il est probablement supérieur.
Les intellectuels qui se sentent déconnectés de tout ne sont pas satisfaits par la théorie.
Il veut de la certitude.
Il veut un système.
La révolution lui donne de l'opium.
---Extrait du chapitre 8, Intellectuels et idéologie
Les intellectuels ont élaboré des idéologies, c'est-à-dire des systèmes d'interprétation sociale.
Ce système comprend un ordre de valeurs, des réformes à réaliser et un chaos à craindre ou à espérer.
Ceux qui critiquaient l'Église chrétienne au nom de la « raison » ont fini par accepter les doctrines séculières.
Parce qu'ils n'étaient pas satisfaits d'une connaissance partielle, ou parce qu'ils enviaient le pouvoir réservé aux seuls détenteurs de la « vérité ».
Grâce au socialisme, la liberté formelle conquise par la bourgeoisie peut être complétée par une liberté réelle.
Bien sûr, l'histoire est dialectique.
Pas au sens strict que les communistes actuels donnent à ce mot.
---Extrait du « Chapitre 1 : Le mythe de la gauche »
Le mythe de la révolution recèle des significations à la fois complémentaires et opposées.
Le mythe de la révolution alimente l'espoir d'une rupture radicale avec le cours ordinaire de l'histoire humaine.
Le mythe de la révolution semble lui aussi naître d'une réflexion sur le passé.
Ceux qui ont préparé la Révolution française en diffusant une pensée incompatible avec l'ancien système n'ont ni prévu ni souhaité l'effondrement complet du vieux monde.
---Extrait du « Chapitre 2 : Le mythe de la révolution »
Le marxisme n'est pas une étude des malheurs de la classe ouvrière, mais plutôt une philosophie d'intellectuels qui ont séduit une partie du prolétariat.
De plus, le communisme, loin d'être la philosophie inhérente au prolétariat, n'utilise qu'une pseudo-étude appelée marxisme à ses propres fins, à savoir, s'emparer du pouvoir.
Les travailleurs ne croient pas avoir été choisis pour le salut de l'humanité.
Ils aspirent plutôt à une ascension vers la bourgeoisie.
---Extrait du chapitre 3, Le mythe du prolétariat
Le dogmatisme des communistes orthodoxes, qu'il soit sincère ou de façade, menace non seulement les non-communistes, mais aussi les convertis et les traîtres.
Si un prêtre détenait la vérité universelle, il n'aurait aucune raison de craindre de professer une nouvelle foi à un païen.
De telles confessions prennent la forme d'une autobiographie écrite par un non-croyant selon les catégories et les termes qui lui sont imposés par le croyant.
---Extrait du « Chapitre 4 : Clergé et croyants »
L'erreur qui résulte de la combinaison de l'absolutisme et du relativisme ne correspond pas non plus à la logique qui consiste à chercher à connaître les faits humains en remontant au passé.
Les historiens, les sociologues et les juristes peuvent tirer de multiples significations des actions, des institutions et des lois.
Mais ils ne parviennent pas à trouver une signification « unique » pour l'ensemble.
L'histoire n'est pas absurde.
Mais nul vivant ne connaît le sens ultime de l'histoire.
---Extrait du chapitre 5, La signification de l'histoire
Nous n'excluons pas la possibilité que l'évolution future aboutisse à une économie comportant moins d'éléments capitalistes.
Nous affirmons seulement que cette évolution n'est pas soumise à un déterminisme rigide résultant de conflits entre certaines variables fondamentales.
Même en ne considérant que les grandes orientations, de tels développements ne relèvent pas d'une simple fatalité, mais s'inscrivent dans une histoire complexe.
---Extrait du « Chapitre 6 : L'illusion de la nécessité »
Les intellectuels, lorsqu'ils jugent leurs pays et leurs institutions, sont plus enclins à opposer la réalité présente à des idées qu'à d'autres réalités.
Par exemple, au lieu de comparer la France d'aujourd'hui à la France d'hier, ils la comparent à leur propre vision de ce que devrait être la France.
Aucune institution humaine ne peut résister à une telle épreuve sans être endommagée.
---Extrait du chapitre 7 : Les intellectuels et leur patrie
Ce qui constitue l'indépendance du communisme, c'est le dogme de sa théorie et l'obéissance inconditionnelle de ses combattants.
Un tel communisme est intellectuellement inférieur à l'interprétation ouverte et libre de l'idéologie progressiste, mais pour ceux qui recherchent la foi, il est probablement supérieur.
Les intellectuels qui se sentent déconnectés de tout ne sont pas satisfaits par la théorie.
Il veut de la certitude.
Il veut un système.
La révolution lui donne de l'opium.
---Extrait du chapitre 8, Intellectuels et idéologie
Les intellectuels ont élaboré des idéologies, c'est-à-dire des systèmes d'interprétation sociale.
Ce système comprend un ordre de valeurs, des réformes à réaliser et un chaos à craindre ou à espérer.
Ceux qui critiquaient l'Église chrétienne au nom de la « raison » ont fini par accepter les doctrines séculières.
Parce qu'ils n'étaient pas satisfaits d'une connaissance partielle, ou parce qu'ils enviaient le pouvoir réservé aux seuls détenteurs de la « vérité ».
---Extrait du chapitre 9, « Les intellectuels en quête de religion »
Avis de l'éditeur
Raymond Aron, le penseur que nous n'avons jamais connu
Le nom de Raymond Aron ne nous est pas familier.
Cela est particulièrement vrai si on le compare aux grands noms que sont Sartre, Merleau-Ponty et Camus, qui ont marqué de leur empreinte diverses idées à leur époque.
On ignore souvent également que Sartre et Aron étaient des amis proches.
Cependant, Arong lui-même était une personne qui portait un grand intérêt à la Corée.
Il a « affirmé » que la guerre de Corée avait commencé par les provocations de la Corée du Nord dès le début du conflit.
C'est un fait avéré aujourd'hui, mais compte tenu du nombre de personnes qui, à l'époque, comme Sartre, affirmaient que notre pays était responsable de la situation, je ne peux qu'apprécier sa perspicacité.
Alors pourquoi devrions-nous nous intéresser de nouveau à la figure jusqu'alors méconnue d'Arong ? Il nous faut envisager sa « réhabilitation » au XXIe siècle.
En France, ville natale de Sartre, le XXIe siècle a vu la restauration d'Aron et la chute de Sartre.
Pourquoi la France a-t-elle soudainement écarté Sartre, qui occupait une place de premier plan, pour promouvoir Aron ? Compte tenu de l’influence de la philosophie française dans notre pays, ce phénomène surprenant ne peut que nous étonner.
N'est-il pas surprenant que Sartre soit tombé et que son adversaire idéologique ait pris de l'ampleur ?
Il y a encore une chose surprenante.
Le fait est qu'Aron lui-même était socialiste et membre d'une « famille de gauche » avant la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans la France libérée, où la gauche avait acquis l'hégémonie, Arong déclara rompre avec la gauche, se qualifiant d'intellectuel « aliéné » et devint un défenseur de la démocratie libérale.
Pourquoi est-il devenu un tel solitaire ? Pourquoi s'est-il exilé volontairement en tant qu'intellectuel, s'étant lui-même isolé sur une île déserte ? C'était pour accomplir son devoir d'intellectuel.
Bien que le monde intellectuel français lui ait tourné le dos, il est resté un « intellectuel » jusqu'à la fin.
Pour revenir à l'histoire précédente, pourquoi le milieu intellectuel français a-t-il recommencé à s'intéresser à Aron ? Cela découlait de ce qu'on appelait le nouveau millénaire, la crise de la gauche.
La révolution a désormais changé de direction.
On plaidait pour une révolution moléculaire plutôt que pour une révolution totale.
L'Union soviétique s'est effondrée et les intellectuels de gauche ont perdu le nord.
Dans ce contexte de disparition des intellectuels de gauche, il était naturel qu'ils se tournent à nouveau vers Arong, qu'ils avaient auparavant rejeté.
Et là où je me retournai, se tenait un grand intellectuel qui avait silencieusement parcouru le chemin de l'intellectuel.
Ce fut une victoire pour le « traître » Raymond Aron.
Mythe, histoire et aliénation
Quand vous entendez le titre « L’opium des intellectuels », qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ? Peut-être le célèbre adage « La religion est l’opium du peuple » ? Si c’est le cas, vous avez tout à fait raison.
L’expression « l’opium des intellectuels » est symbolique et correspond à « l’opium du peuple », révélant que le communisme est la religion et l’opium des intellectuels.
Aron a divisé ce livre en trois parties pour critiquer les intellectuels français intoxiqués par l'opium du communisme.
Ce sont des « mythes politiques », une « idolâtrie de l'histoire » et une « aliénation des intellectuels ».
Les « mythes politiques » abordés dans la première partie font référence à trois mythes : « la gauche », « la révolution » et « le prolétariat ».
Dans cette section, Arong soutient qu'il n'existe pas de « gauche » unifiée dans l'histoire.
Ensuite, il demande qui, parmi ceux qui se disent de gauche, sont véritablement de gauche.
Là encore, la « révolution » affirme que les désastres qui ont marqué le processus ont disparu, qu'il ne reste que la dignité, et elle s'interroge sur les limites de la révolution et sur son arrêt.
Enfin, elle interroge l'existence réelle de la « mission » du « prolétariat », et plus encore, celle d'un « groupe » unique et uni appelé prolétariat.
À travers ces questions, Arong détruit le « mythe ».
Là où les mythes s'effondrent, « l'histoire » émerge.
Mais à quoi fait précisément référence l’« idolâtrie de l’histoire » dont il est question dans cette section ? S’agit-il de l’idée de « jugement historique », un jugement sévère qui considère l’histoire comme un juge impitoyable ? Ou bien d’une vision révélatrice de l’histoire, selon laquelle un « chemin » spécifique est tracé pour elle ?
Arong critique les « prêtres et croyants » de l'histoire, affirmant qu'il n'existe ni sens final ni fatalité dans l'histoire.
L'histoire a-t-elle vraiment une fin ? Quelle victoire proclame-t-elle ? Nous le savons tous.
Le dernier démenti, celui de « l’aliénation des intellectuels », semble quelque peu lointain.
Cependant, si vous y réfléchissez un instant, vous vous rendrez compte que lorsque les mythes s'effondrent et que le sens de l'histoire s'effondre, il ne reste que « l'aliénation ».
Arong aborde d’abord la relation entre « les intellectuels et leur patrie » et « les intellectuels et l’idéologie ».
Et les intellectuels affirment qu'ils finissent par se tourner vers la religion.
Les intellectuels, tiraillés entre leurs idéaux et une patrie différente, entre leur réalité et une idéologie, finissent par se tourner vers une religion qu'ils ont eux-mêmes créée.
Le communisme est désormais devenu « l'opium des intellectuels ».
Critique du fanatisme par les intellectuels
Mais qui, de nos jours, admire encore le communisme ? Bien sûr, depuis l'effondrement de l'Union soviétique, la plupart de ceux qui l'admiraient se sont convertis ou ont disparu.
À ce stade, on pourrait se demander pourquoi lire « L'Opium des intellectuels ».
Cependant, ce qu'Arong voulait critiquer par-dessus tout dans ce livre, c'est ce qu'il appelait la croyance fanatique dans le communisme.
Et cette soi-disant « croyance fanatique » ne se limite pas au communisme.
Le fanatisme est une tendance à rejeter la pensée critique.
C’est pourquoi nous devons relire « L’Opium des intellectuels ».
Nous valorisons la pensée critique, mais nous n'acceptons pas la pensée critique à notre propre sujet.
La pensée critique n'est « critique » que lorsqu'elle est dirigée vers l'autre personne, et non vers soi-même.
Mais si vous êtes un intellectuel, vous devriez naturellement être plus critique envers vous-même.
Descartes lui-même doutait de sa propre existence ; comment, dès lors, les intellectuels peuvent-ils être certains de leurs convictions ? Les intellectuels doivent faire preuve d’esprit critique, envers eux-mêmes comme envers la société.
La foi aveugle réduit les intellectuels au silence, et le silence conduit la société au bord du précipice.
Une société qui n'autorise pas la critique n'est plus une société humaine.
Quiconque a regardé la série dramatique de Netflix « Hellbound » a pu constater les horreurs de la foi aveugle et de l'obéissance aveugle.
Dans une société où la remise en question n'est pas permise, les critiques sont persécutés comme des apostats.
Mais en quoi notre société diffère-t-elle de celle de l'« enfer » ? Le degré et l'objet de la foi aveugle peuvent différer, mais notre société ne s'attaque-t-elle pas, elle aussi, dans une certaine mesure, avec férocité à la critique et au questionnement ? Voire, ne nous en prenons-nous pas même à ceux qui sont différents ? Pouvons-nous, pouvons-nous, pouvez-vous, pouvons-nous affronter ces questions avec assurance ? Même si nous ignorons de quoi il s'agit, ne vénérons-nous pas encore quelque chose ?
« L’opium des intellectuels » nous libérera de ces mythes.
N'y a-t-il donc aucun intellectuel qui nous montre la voie ?
Bien sûr, Arong peut aussi faire l'objet de critiques.
Mais si vous avez des critiques, n'hésitez pas à les formuler.
André Gide n'a-t-il pas dit cela dans « Le pain de la terre » ?
« Après avoir lu mon histoire, jetez ce livre et sortez. » Nous avons simplement besoin de prendre le temps de réfléchir et de voir si nous aussi, nous sommes tombés sous l’emprise d’un nouvel opium sous un autre nom.
Et « L'Opium des intellectuels » est un moyen très simple d'y contribuer.
Le nom de Raymond Aron ne nous est pas familier.
Cela est particulièrement vrai si on le compare aux grands noms que sont Sartre, Merleau-Ponty et Camus, qui ont marqué de leur empreinte diverses idées à leur époque.
On ignore souvent également que Sartre et Aron étaient des amis proches.
Cependant, Arong lui-même était une personne qui portait un grand intérêt à la Corée.
Il a « affirmé » que la guerre de Corée avait commencé par les provocations de la Corée du Nord dès le début du conflit.
C'est un fait avéré aujourd'hui, mais compte tenu du nombre de personnes qui, à l'époque, comme Sartre, affirmaient que notre pays était responsable de la situation, je ne peux qu'apprécier sa perspicacité.
Alors pourquoi devrions-nous nous intéresser de nouveau à la figure jusqu'alors méconnue d'Arong ? Il nous faut envisager sa « réhabilitation » au XXIe siècle.
En France, ville natale de Sartre, le XXIe siècle a vu la restauration d'Aron et la chute de Sartre.
Pourquoi la France a-t-elle soudainement écarté Sartre, qui occupait une place de premier plan, pour promouvoir Aron ? Compte tenu de l’influence de la philosophie française dans notre pays, ce phénomène surprenant ne peut que nous étonner.
N'est-il pas surprenant que Sartre soit tombé et que son adversaire idéologique ait pris de l'ampleur ?
Il y a encore une chose surprenante.
Le fait est qu'Aron lui-même était socialiste et membre d'une « famille de gauche » avant la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans la France libérée, où la gauche avait acquis l'hégémonie, Arong déclara rompre avec la gauche, se qualifiant d'intellectuel « aliéné » et devint un défenseur de la démocratie libérale.
Pourquoi est-il devenu un tel solitaire ? Pourquoi s'est-il exilé volontairement en tant qu'intellectuel, s'étant lui-même isolé sur une île déserte ? C'était pour accomplir son devoir d'intellectuel.
Bien que le monde intellectuel français lui ait tourné le dos, il est resté un « intellectuel » jusqu'à la fin.
Pour revenir à l'histoire précédente, pourquoi le milieu intellectuel français a-t-il recommencé à s'intéresser à Aron ? Cela découlait de ce qu'on appelait le nouveau millénaire, la crise de la gauche.
La révolution a désormais changé de direction.
On plaidait pour une révolution moléculaire plutôt que pour une révolution totale.
L'Union soviétique s'est effondrée et les intellectuels de gauche ont perdu le nord.
Dans ce contexte de disparition des intellectuels de gauche, il était naturel qu'ils se tournent à nouveau vers Arong, qu'ils avaient auparavant rejeté.
Et là où je me retournai, se tenait un grand intellectuel qui avait silencieusement parcouru le chemin de l'intellectuel.
Ce fut une victoire pour le « traître » Raymond Aron.
Mythe, histoire et aliénation
Quand vous entendez le titre « L’opium des intellectuels », qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ? Peut-être le célèbre adage « La religion est l’opium du peuple » ? Si c’est le cas, vous avez tout à fait raison.
L’expression « l’opium des intellectuels » est symbolique et correspond à « l’opium du peuple », révélant que le communisme est la religion et l’opium des intellectuels.
Aron a divisé ce livre en trois parties pour critiquer les intellectuels français intoxiqués par l'opium du communisme.
Ce sont des « mythes politiques », une « idolâtrie de l'histoire » et une « aliénation des intellectuels ».
Les « mythes politiques » abordés dans la première partie font référence à trois mythes : « la gauche », « la révolution » et « le prolétariat ».
Dans cette section, Arong soutient qu'il n'existe pas de « gauche » unifiée dans l'histoire.
Ensuite, il demande qui, parmi ceux qui se disent de gauche, sont véritablement de gauche.
Là encore, la « révolution » affirme que les désastres qui ont marqué le processus ont disparu, qu'il ne reste que la dignité, et elle s'interroge sur les limites de la révolution et sur son arrêt.
Enfin, elle interroge l'existence réelle de la « mission » du « prolétariat », et plus encore, celle d'un « groupe » unique et uni appelé prolétariat.
À travers ces questions, Arong détruit le « mythe ».
Là où les mythes s'effondrent, « l'histoire » émerge.
Mais à quoi fait précisément référence l’« idolâtrie de l’histoire » dont il est question dans cette section ? S’agit-il de l’idée de « jugement historique », un jugement sévère qui considère l’histoire comme un juge impitoyable ? Ou bien d’une vision révélatrice de l’histoire, selon laquelle un « chemin » spécifique est tracé pour elle ?
Arong critique les « prêtres et croyants » de l'histoire, affirmant qu'il n'existe ni sens final ni fatalité dans l'histoire.
L'histoire a-t-elle vraiment une fin ? Quelle victoire proclame-t-elle ? Nous le savons tous.
Le dernier démenti, celui de « l’aliénation des intellectuels », semble quelque peu lointain.
Cependant, si vous y réfléchissez un instant, vous vous rendrez compte que lorsque les mythes s'effondrent et que le sens de l'histoire s'effondre, il ne reste que « l'aliénation ».
Arong aborde d’abord la relation entre « les intellectuels et leur patrie » et « les intellectuels et l’idéologie ».
Et les intellectuels affirment qu'ils finissent par se tourner vers la religion.
Les intellectuels, tiraillés entre leurs idéaux et une patrie différente, entre leur réalité et une idéologie, finissent par se tourner vers une religion qu'ils ont eux-mêmes créée.
Le communisme est désormais devenu « l'opium des intellectuels ».
Critique du fanatisme par les intellectuels
Mais qui, de nos jours, admire encore le communisme ? Bien sûr, depuis l'effondrement de l'Union soviétique, la plupart de ceux qui l'admiraient se sont convertis ou ont disparu.
À ce stade, on pourrait se demander pourquoi lire « L'Opium des intellectuels ».
Cependant, ce qu'Arong voulait critiquer par-dessus tout dans ce livre, c'est ce qu'il appelait la croyance fanatique dans le communisme.
Et cette soi-disant « croyance fanatique » ne se limite pas au communisme.
Le fanatisme est une tendance à rejeter la pensée critique.
C’est pourquoi nous devons relire « L’Opium des intellectuels ».
Nous valorisons la pensée critique, mais nous n'acceptons pas la pensée critique à notre propre sujet.
La pensée critique n'est « critique » que lorsqu'elle est dirigée vers l'autre personne, et non vers soi-même.
Mais si vous êtes un intellectuel, vous devriez naturellement être plus critique envers vous-même.
Descartes lui-même doutait de sa propre existence ; comment, dès lors, les intellectuels peuvent-ils être certains de leurs convictions ? Les intellectuels doivent faire preuve d’esprit critique, envers eux-mêmes comme envers la société.
La foi aveugle réduit les intellectuels au silence, et le silence conduit la société au bord du précipice.
Une société qui n'autorise pas la critique n'est plus une société humaine.
Quiconque a regardé la série dramatique de Netflix « Hellbound » a pu constater les horreurs de la foi aveugle et de l'obéissance aveugle.
Dans une société où la remise en question n'est pas permise, les critiques sont persécutés comme des apostats.
Mais en quoi notre société diffère-t-elle de celle de l'« enfer » ? Le degré et l'objet de la foi aveugle peuvent différer, mais notre société ne s'attaque-t-elle pas, elle aussi, dans une certaine mesure, avec férocité à la critique et au questionnement ? Voire, ne nous en prenons-nous pas même à ceux qui sont différents ? Pouvons-nous, pouvons-nous, pouvez-vous, pouvons-nous affronter ces questions avec assurance ? Même si nous ignorons de quoi il s'agit, ne vénérons-nous pas encore quelque chose ?
« L’opium des intellectuels » nous libérera de ces mythes.
N'y a-t-il donc aucun intellectuel qui nous montre la voie ?
Bien sûr, Arong peut aussi faire l'objet de critiques.
Mais si vous avez des critiques, n'hésitez pas à les formuler.
André Gide n'a-t-il pas dit cela dans « Le pain de la terre » ?
« Après avoir lu mon histoire, jetez ce livre et sortez. » Nous avons simplement besoin de prendre le temps de réfléchir et de voir si nous aussi, nous sommes tombés sous l’emprise d’un nouvel opium sous un autre nom.
Et « L'Opium des intellectuels » est un moyen très simple d'y contribuer.
SPÉCIFICATIONS DES PRODUITS
- Date de publication : 5 janvier 2022
Nombre de pages, poids, dimensions : 432 pages | 634 g | 153 × 225 × 20 mm
- ISBN13 : 9791166840708
- ISBN10 : 1166840700
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카테고리
Langue coréenne
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