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professeur ignorant
professeur ignorant
Description
Introduction au livre
« Quiconque souhaite croire en l’égalité des capacités intellectuelles de tous les êtres humains
«Vous devez lire ce livre de Jacques Rancière.»
- Jin Eun-young (poète)

« George Orwell a dit un jour que l’imagination est comme un animal sauvage ; si vous la gardez en captivité, elle ne se reproduira pas. »
Cela vaut non seulement pour l'imagination, mais aussi pour les capacités intellectuelles humaines, appelées raison ou intelligence.
Ce livre retrace les aventures pédagogiques du philosophe de l'éducation du XIXe siècle, Joseph Jacotot, démontrant que le potentiel intellectuel humain ne peut être pleinement réalisé tant qu'il est confiné à une hiérarchie de l'intelligence qui sépare les supérieurs des inférieurs.
Ceux qui sont incapables d'apprendre quoi que ce soit sans les conseils et les explications d'un professeur, d'une autorité ou d'un supérieur, manquent de courage pour faire appel à leur propre intelligence en proie au doute.
Une telle personne est embourbée dans un marécage d'autodépréciation, se croyant inférieure.


On dit que Racine a lu et relu Euripide et Virgile à la recherche de grandes expressions, et je reviens à ce livre chaque fois que je ressens le désir d'être un bon artiste, un professeur bienveillant ou un homme libre.
« Je suis plus autoritaire, je suis plus expert, c'est moi qui dirige. »
« Alors, tais-toi et fais ce que je te dis. » Ce livre révèle à quel point la rhétorique qui consiste à neutraliser la volonté d'autrui est proche de la guerre et de l'oppression ! Quiconque est las des inégalités et des hiérarchies, quiconque souffre de doutes et de misanthropie, quiconque rêve d'un monde où l'on ne dit pas aux étudiants, aux jeunes recrues et aux subordonnés ce qu'un novice comme lui peut faire seul, quiconque veut croire en l'égalité des capacités intellectuelles de tous les êtres humains doit lire ce livre de Jacques Rancière. – Jin Eun-young (poétesse)
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    Aperçu

indice
Note

Chapitre 1 : Une aventure intellectuelle

Ordre de l'explicateur
Le hasard et la volonté
L'enseignant libérateur
Lien de compétence

Chapitre 2 : Leçons des ignorants

L'île des livres
Calypso et le serrurier
Le Maître et Socrate
Le pouvoir de l'ignorance
Le travail de chaque personne
L'aveugle et son chien
Le tout est contenu dans le tout

Chapitre 3 : Raison/Raison d'égalité

Cerveau et feuilles
animaux prudents
La volonté d'être servie par le renseignement
Le principe de véracité
Raison et langage
Oui, je suis en colère aussi !
Leçons des poètes
communauté d'égaux

Chapitre 4 : Une société d'ignorance

Loi de la gravité
Passion pour l'inégalité
Folie d'enquête
supérieur inférieurs
Le Roi de Fer et le Souverain du Peuple
Comment puis-je dire des bêtises de manière rationnelle ?
Paroles prononcées sur l'Aventin

Chapitre 5 : Le Libérateur et son singe

Comment libérer et méthodes sociales
Libération humaine et leadership populaire
les progressistes
Les moutons et les humains
Le lien des progressistes
Au-dessus des têtes du peuple
Victoire à l'ancienne
Une société traitée comme un enfant
Les sketches de Pankastic
Tombeau de la Libération

À la publication de l'édition révisée
Note du traducteur
Recherche

Dans le livre
Ce fut la révolution qu'une expérience fortuite provoqua dans l'esprit de Jacotot.
Jusque-là, il croyait comme tous les enseignants sincères :
La principale mission d'un enseignant est de transmettre son savoir à ses élèves et de les amener progressivement à son propre niveau d'apprentissage.
Jacotot, comme d'autres enseignants, savait que le but n'était pas d'inculquer des connaissances aux élèves et de les faire répéter comme des perroquets.
J'ai également jugé important d'aider les élèves à éviter de s'en remettre au hasard.
Les esprits qui ne savent pas encore distinguer l'important du secondaire, le principe de la conclusion, sont perdus sur le chemin du hasard.
En résumé, l'acte essentiel de l'enseignant consistait à expliquer, à extraire les éléments simples du savoir et à concilier les principes simples de la connaissance avec les faits simples qui caractérisent l'esprit jeune et ignorant.
Enseigner, c'était transmettre des connaissances, et en même temps façonner l'esprit en le guidant du plus simple au plus complexe selon une séquence progressive et bien organisée ; et les deux ne formaient véritablement qu'un seul et même mouvement.
En formalisant ainsi ses connaissances et en développant ses jugements et ses goûts, l'élève atteint le niveau requis de lui par les usages sociaux.
Et l'étudiant se prépare à l'utiliser [connaissance, jugement, goût] conformément à sa finalité.

--- p.12~13

La révélation qui a captivé Joseph Jacotot a eu les conséquences suivantes :
La logique du système selon laquelle l'explication doit être renversée.
Une explication n'est pas toujours nécessaire pour corriger une incapacité à comprendre.
Au contraire, cette incompétence est une fiction créée par la vision du monde de celui qui donne les explications.
C'est celui qui explique qui a besoin de l'incompétent, et non l'inverse.
Autrement dit, l'explicateur considère l'incompétent comme incompétent.
Expliquer quelque chose à quelqu'un, c'est d'abord lui prouver qu'il ne peut pas le comprendre par lui-même.
L'explication est un mythe créé par la pédagogie avant même d'être un acte de l'éducateur.
C'est une allégorie d'un monde divisé entre les instruits et les ignorants, les mûrs et les immatures, les compétents et les incompétents, les intelligents et les sots.

--- p.19

Ce sont en fait les deux actions fondamentales d'un maître.
Le professeur pose une question.
Il commande le cheval.
Autrement dit, elle exige la manifestation de l'intelligence, que l'on s'ignore soi-même ou que l'on ait renoncé à soi-même.
Il vérifie que le travail de ces renseignements est effectué avec soin et qu'il ne s'agit pas simplement de choses glanées et acceptées au hasard pour éviter toute coercition.
Devrions-nous dire que nous avons besoin d'un enseignant plus compétent et plus érudit ? Au contraire, un enseignant érudit risque de pervertir la méthode par son propre savoir.
Un professeur compétent connaît les réponses, et ses questions amènent naturellement l'élève à les trouver.
Voici le secret des grands maîtres.
Par le questionnement, ils guident avec soin l'intelligence de l'élève.
Avec suffisamment de précautions pour permettre à l'intelligence de l'élève de fonctionner, mais pas au point de la laisser à l'abandon.
Il y a un Socrate endormi au sein de chacun des commentateurs.

--- p.64

Bien sûr, on est loin de créer un chef-d'œuvre.
Même les visiteurs qui apprécient beaucoup les compositions littéraires écrites par les élèves de Jacotot expriment souvent un malaise lorsqu'ils sont confrontés aux dessins et aux peintures de ces élèves.
Mais l'important n'est pas de créer de grands peintres, mais de créer des personnes libérées, des personnes qui peuvent dire : « Oui, je suis peintre aussi. »
Cette formule ne comporte aucune arrogance.
Au contraire, tous les êtres rationnels possèdent un sentiment légitime de puissance.
Il n'y a aucune arrogance à dire tout haut : « Oui, moi aussi je suis en colère ! »
L’arrogance consiste à dire discrètement aux autres que ni vous ni moi ne sommes peintres. Oui, je suis peintre, j’ai une âme, et je pense pouvoir communiquer avec ceux qui me ressemblent.

--- p.131

La tâche des disciples de Joseph Jacotot est donc simple.
Nous devons informer tout le monde, partout, de toute nouveauté ou tout avantage ; nous pouvons enseigner ce que nous ignorons.
Alors le père pauvre et ignorant pourra guider ses enfants.
Cette carte devrait vous donner les principes.
Je dois apprendre quelque chose.
Et elle doit être rapportée à tout le reste selon le principe que toutes les intelligences sont égales.
Nous devons participer à la diffusion et à la démonstration de ce principe.
Parlez aux pauvres, faites-les dire qui ils sont et ce qu'ils savent.
Pour montrer comment il peut guider ses enfants.
Transcrivez les prières que votre enfant mémorise.
Donnez à votre enfant Les Aventures de Télémaque et faites-lui mémoriser le premier chapitre du livre.
Pour répondre aux demandes de ceux qui souhaitent apprendre du Maître des Enseignements Universels ce que le Maître ignore.
Enfin, utiliser tous les moyens pour convaincre les ignorants qu'il a lui aussi du pouvoir.
L'un de mes étudiants de Grenoble avait du mal à persuader une femme âgée et pauvre d'apprendre à lire et à écrire.
Il a payé pour obtenir le consentement de la femme.
En cinq mois, elle a appris à lire et à écrire.
Et maintenant, elle libère ses petits-enfants.
--- p.189~190

Avis de l'éditeur
Le mythe de l'éducation divise l'intelligence en intelligence inférieure et intelligence supérieure.

L’« inégalité » fondamentale que présuppose la logique éducative
L'« accord » de ceux qui l'ignorent est
Cela devient un obstacle à l'exercice des capacités intellectuelles.


Le problème de l'éducation est un problème philosophique et politique d'égalité des capacités intellectuelles.
L'aventure intellectuelle de Rancière : la pensée en mouvement !

« Le professeur ignorant » de Jacques Rancière, publié en 2008 et toujours apprécié par de nombreux lecteurs pour leur rappeler le véritable sens de l'éducation, revient avec une nouvelle couverture après 17 ans.


Le livre commence avec Joseph Jacotot, contraint à l'exil aux Pays-Bas après la restauration de la dynastie des Bourbons suite à la Révolution française, où il devint professeur étranger de littérature française à l'université de Louvain en 1818 et enseigna aux étudiants.
Les élèves ne parlaient pas français, et Jacotot ne parlait pas néerlandais.
Il a présenté l'édition franco-néerlandaise récemment parue des Aventures de Télémaque de Fénelon et a exhorté les lecteurs à utiliser ce livre pour apprendre le texte français.
Il n'expliquait même pas à ses élèves les bases du français, pas même l'orthographe ou la conjugaison des verbes.
Les élèves ont trouvé individuellement les équivalents français des mots qu'ils connaissaient et comment ces mots modifiaient leurs terminaisons.
Cette expérience, qui a débuté par hasard, a dépassé toutes les attentes.
Jacotot a demandé à ses élèves d'écrire en français ce qu'ils pensaient de ce qu'ils avaient lu.
Étonnamment, le niveau de français des étudiants était presque équivalent à celui de l'auteur.


Grâce à cette expérience, Jacotot a mis en évidence les faits suivants :
Si nous libérons l'élève, c'est-à-dire si nous lui permettons d'utiliser son intelligence unique, nous pouvons lui enseigner ce que nous ignorons.
Un enseignant est quelqu'un qui enferme l'intelligence dans des chaînes arbitraires.
Pour libérer les ignorants, il faut se libérer soi-même.
En d'autres termes, nous devons prendre conscience du véritable pouvoir de l'esprit humain.
Jacotot appelait sa méthode d'apprentissage « l'enseignement universel ».
Après avoir entendu parler du cours de Jacotot, de nombreux étudiants ont afflué de tout le pays pour le voir.
Ses méthodes ont fait l'objet de nombreux débats au fil des ans.


Pourquoi Jacques Rancière, disciple d'Althusser et figure majeure de la philosophie française, a-t-il mentionné cette histoire de 1818 pour la première fois dans son ouvrage de 1987, « Le Maître ignorant » ? Cela tient au contexte de la France à l'époque de la publication du livre.
Si l'on regarde les faits, en 1981, François Mitterrand, membre du Parti socialiste, est devenu président.
Sabari, qui avait été nommé ministre de l'Éducation à l'époque, estimait que la distinction de la haute culture, dont la classe dirigeante jouissait comme d'un privilège, s'opérait depuis les écoles, et que la violence symbolique s'y reproduisait.
Pour résoudre ce problème, a-t-il déclaré, une éducation holistique est nécessaire, il faut créer une atmosphère égalitaire et harmonieuse au sein de l'école et réduire l'écart de réussite scolaire entre les classes.
Il s'agissait d'un plan de réforme éducative progressiste, à orientation socialiste.

Cependant, Jean-Pierre Chevennement, qui succéda à Savary comme ministre de l'Éducation en 1984, avait de fortes tendances « républicaines ».
Il préconisait le renforcement des cours de français de base, le renforcement du système d'évaluation et de sélection, et le renforcement de l'éducation civique.
Cette thèse a été étayée par l'ouvrage de Jean-Claude Milner, Sur l'école (1984).
L'argument de Milner est le suivant :
La relation inégale entre enseignant et élève éveille en réalité le désir d'apprendre chez les élèves.
Au nom de l'égalité dans les écoles, nous ne devons pas dégrader les méthodes d'enseignement pour les enfants en difficulté.
Il est important de sélectionner les élèves ayant obtenu d'excellents résultats en leur dispensant un enseignement équitable.
Il s'agit d'un plan fondé sur l'élitisme républicain, l'inégalité entre enseignants et élèves et la croyance en l'universalité du savoir.


Rancière insère « Les Aventures de Jacotot » dans ce débat aigu entre socialistes progressistes et républicains, changeant ainsi le terrain même du débat.
Par l'intermédiaire de Jacotot, Rancière affirme qu'il n'y a pas de différence entre socialistes et républicains en ce qu'ils partent tous deux d'une inégalité réelle et visent le but de l'égalité.
Ils ajoutent également que, même si les deux peuvent réduire indéfiniment les inégalités en matière de capacités intellectuelles, elles ne permettront jamais d'atteindre l'égalité.
Il affirme que nous devons partir de l'égalité, que l'égalité des capacités intellectuelles est un axiome qui doit être constamment prouvé.
Rancière déplace ainsi le terrain du débat des questions éducatives de la France des années 1980 aux méthodes pédagogiques de Jacotot au XIXe siècle, puis à la question philosophique et politique de l’égalité des capacités intellectuelles.

Professeur ignorant, libération intellectuelle, égalité des intelligences

Avant son expérience accidentelle, Joseph Jacotot pensait que la chose la plus importante qu'un enseignant puisse faire était de transmettre son savoir à ses élèves et de les élever au même niveau que lui.
Autrement dit, l'action traditionnelle d'un enseignant consiste à « expliquer ».
Cependant, grâce à une expérience fortuite, Jacotot a renversé la logique du système que l'explicateur avait mis en place.
Il a qualifié le principe d'explication de principe consistant à « se ridiculiser ».
L'explication est un mythe créé par la pédagogie avant même de devenir un acte de l'éducateur, une allégorie d'un monde divisé entre les instruits et les ignorants, les mûrs et les immatures, les compétents et les incompétents.
Rancière affirme également que le socratisme est une forme raffinée de cette duplicité.
Comme tous les maîtres érudits, Socrate pose des questions pour guider.
Il souligne toutefois que ceux qui souhaitent libérer les êtres humains doivent interroger les autres de manière humaine, et non à la manière des intellectuels, et qu'ils doivent poser des questions pour être guidés, et non pour guider.


Par exemple, un enfant peut avoir besoin d'un mentor lorsqu'il n'a pas suffisamment de volonté pour poursuivre son propre chemin.
Mais cette subordination n'est que la subordination d'une volonté à une autre.
Lorsque la subordination associe une intelligence à une autre, elle devient absurde.
Il y a deux volontés et deux intelligences dans l'acte d'enseigner et d'apprendre.
On pourrait qualifier leur coïncidence de plaisanterie.
Dans la classe de Jacotot, l'élève est lié à une volonté (celle de Jacotot) et à une intelligence (celle du livre).
Ces deux éléments sont totalement différents.
Rancière qualifie de « libération » la reconnaissance et le maintien de la différence entre le rapport de la volonté et le rapport de l’intelligence.
Même si la volonté est soumise à une autre volonté, il y a libération lorsque l'acte d'une intelligence n'est soumis qu'à sa propre intelligence.
L'acte d'enseignement/apprentissage peut être produit selon quatre limitations qui peuvent être combinées de diverses manières.
Est-il un professeur libérateur ou un professeur insensé, un professeur savant ou un professeur ignorant ?


L'expérience de Jacotot a démontré que le savoir du professeur ne guidait pas l'élève, ni ne l'empêchait d'enseigner ce qu'il ignorait.
Rancière a paradoxalement associé ce « maître » au mot « ignorant » et l’a appelé « le maître ignorant ».
Un professeur ignorant est celui qui ne sait pas quoi enseigner à ses élèves.
C'est un professeur qui devient la source du savoir pour les autres sans transmettre lui-même aucun savoir.
C'est un maître qui ignore les raisons des inégalités, mais qui prétend ajuster les moyens pour les réduire.


L’enseignement universel proposé par Jacotot se manifeste constamment chaque jour dans toutes les situations où un individu doit acquérir lui-même un savoir qu’il n’a pas les moyens de faire expliquer par autrui.
Il n'y a pas une seule personne sur terre qui n'ait rien appris par elle-même, sans un professeur pour le lui expliquer.
L'acte d'enseigner et d'apprendre ne consiste pas fondamentalement à transmettre et à expliquer les connaissances ou l'apprentissage de l'enseignant, mais plutôt à contraindre l'intelligence de l'élève à travailler sans relâche.
La volonté du professeur contraint celle de l'élève, mais ne l'annule pas.
Dans l'autorité semi-autoritaire que l'enseignant exerce sur l'élève, ce dernier ne soumet pas son intelligence à celle de l'enseignant, mais se confronte de manière autonome à l'intelligence du livre.
L'enseignant devient la cause du savoir de l'élève en lui ordonnant de continuer à chercher ce qu'il cherchait.
Par conséquent, la volonté du professeur et la volonté de l'élève sont liées, et l'intelligence de l'élève et l'intelligence du livre sont liées.
Rancière affirme que cette séparation du rapport entre la volonté et l’intelligence est le point de départ de la « libération intellectuelle ».


Le professeur ignorant propose la libération intellectuelle de manière provocatrice, et affirme que pour la défendre, il faut partir de l'opinion ou de l'axiome de l'égalité des intelligences.
Ce que Rancière considère comme le plus important ici, c'est l'idée d'égalité.
Il affirme que l'enjeu aujourd'hui n'est pas de se demander qui ou quoi est le maître ignorant, ni d'opposer la méthode d'auto-apprentissage et de libération intellectuelle de l'individu à l'éducation institutionnelle.
L'enjeu est plutôt de contrer la logique qui part du principe d'égalité des intelligences par la logique du progressisme qui présuppose l'inégalité des intelligences et affirme qu'elle réduira cette inégalité à l'infini.


Dans ce même ouvrage, Rancière affirme que le mal intellectuel fondamental est « la négligence de soi ».
Dire « Je ne comprends pas » revient simplement à dire « Je n'en ai pas besoin ».
Autrement dit, je dis que je n'ai besoin de savoir que ce qui correspond à la place que le destin m'a assignée, et que je ne peux rien savoir ni me soucier du reste.
À l'inverse, il est important de reconnaître que les positions attribuées dans la société sont accidentelles et arbitraires, et que certains ne naissent pas dirigeants et d'autres ne naissent pas dirigés.
Rancière élargit le sujet à la politique et à la démocratie, affirmant que la politique en tant que « démocratie » n'est possible que lorsqu'elle est fondée sur l'égalité des capacités et l'égalité de pouvoir.

Bien sûr, l'idée que l'éducation institutionnelle ne puisse rien faire pour l'égalité ou la libération, et que toutes les tentatives de réforme des progressistes ne servent finalement qu'à maintenir la distance entre les supérieurs et les inférieurs, les gouvernants et les gouvernés, est déconcertante.
Mais ce livre dit : « Le fondateur l’avait déjà prophétisé. »
Les enseignements universels ne prendront pas racine.
Il a en fait ajouté :
Elle se termine par la phrase : « Les enseignements universels ne disparaîtront pas. »
Rancière semble dire quelque chose de similaire.
« Dans une société dominée par un ordre inégalitaire, il est toujours possible de faire fonctionner une communauté d’individus différente de cette société. »
Le fait d'arriver à un point où le programme qui promettait de réaliser l'égalité s'est effondré n'indique pas l'impossibilité d'une politique de libération, mais constitue un appel urgent à agir ici et maintenant contre les causes de l'inégalité qui menacent l'égalité intellectuelle déjà existante.
SPÉCIFICATIONS DES PRODUITS
- Date d'émission : 26 mai 2025
Nombre de pages, poids, dimensions : 288 pages | 446 g | 142 × 214 × 20 mm
- ISBN13 : 9788958209096
- ISBN10 : 8958209097

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