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Entre passé et futur
Entre passé et futur
Description
Introduction au livre
Un recueil de huit essais philosophiques sur la pensée politique écrits par Hannah Arendt.
Il s'agit d'un guide précis de la pensée d'Arendt, à tel point qu'on peut le qualifier de « dictionnaire des concepts d'Arendt », et d'un document important qui prédit l'évolution de sa pensée.
De plus, c'est également dans cet ouvrage que la méthodologie de recherche déconstructive d'Arendt sur les dichotomies de la philosophie occidentale est la plus manifeste.
Pourquoi le livre s'intitule-t-il « Entre passé et futur » ?
Les êtres humains créent et développent constamment leur présent en s'insérant « entre le passé et le futur ».
Ce processus est la raison et constitue la condition de l'existence humaine.
Le moment où le présent commence avec cette intrusion humaine, c'est-à-dire le moment de la naissance, est aussi le début d'une existence humaine.
Cette capacité à faire de nouveaux départs (des choix) qui se poursuivent jusqu'à la mort, c'est-à-dire la capacité d'agir, est aussi ce qu'Arendt appelle la « condition humaine ».
Chaque acte implique un nouveau départ, créant d'innombrables imprévisibilités, et la pensée, une fois de plus, flotte et circule « entre » d'innombrables variables.
Il va de soi qu'il n'existe pas de « vérité absolue » en la matière.
Le chemin vers l’immortalité parmi la profusion de « vérités relatives » réside dans « la mémoire et la tradition ».
Voici ce qu'affirme Arendt dans ses huit essais.
Comment nous en souviendrons-nous et comment le transmettrons-nous ?
Le créateur du monde et celui dont on peut se souvenir à jamais, l’« Homo Deus » d’Hannah Arendt, il est le « citoyen » de la sphère publique.
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indice
Entre passé et futur : huit exercices philosophiques sur la pensée politique

« Métaxie » d’Hannah Arendt : un festin de philosophie politique│Seo Yu-kyung
Introduction de Jérôme Cohn

Préface : Le fossé entre le passé et l'avenir

Partie 1 : Rompre avec le passé

Chapitre 1 : Tradition et modernité
Chapitre 2 : Le concept d'histoire : ancienne et moderne

Deuxième partie : Les origines de l'autorité et de la liberté

Chapitre 3 : Qu'est-ce que l'autorité ?
Chapitre 4 : Qu'est-ce que la liberté ?

Partie 3 : Crise et solutions dans la société moderne

Chapitre 5 : La crise de l'éducation
Chapitre 6 : La crise de la culture : ses implications sociales et politiques
Chapitre 7 : Vérité et politique
Chapitre 8 : La conquête de l'espace et le statut de l'humanité

Hannah Arendt et l'Homo Deus au XXIe siècle│Note du traducteur
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Dans le livre
Car s'il n'y avait pas de processus d'achèvement par la pensée après l'acte accompli, c'est-à-dire pas d'élaboration de l'expression réalisée à l'aide de la mémoire, alors, tout simplement, il ne resterait plus rien à raconter aux gens.
--- p.82

L'action humaine, comme tous les phénomènes strictement politiques, est indissociable de la pluralité humaine.
Dans la mesure où cette pluralité humaine découle de la natalité humaine, elle constitue l'une des conditions fondamentales de la vie humaine.
--- p.162

Par exemple, si nous commençons à agir contre nature en déclenchant des processus naturels, nous introduisons en réalité l'imprévisibilité dans un domaine que l'on croyait auparavant régi par des lois strictes.
--- p.162

S'il n'existait pas entre eux un monde commun qui les relierait et les séparerait instantanément, les humains vivraient soit dans un état de solitude et d'isolement extrêmes, soit seraient contraints de devenir une sorte de masse.
Car la société de masse n'est rien d'autre qu'une forme de vie organisée qui comble automatiquement le fossé entre les individus, qui restent liés les uns aux autres, mais dont le monde commun a disparu.
--- p.204

Non, plus que cela, c'est parce que les humains ne peuvent atteindre la profondeur sans passer par le processus de la remémoration.
--- p.211

Il est vrai que dans le domaine de la petite enfance et de l'éducation, le besoin d'« autorité » semble plus plausible et évident que dans tout autre domaine.
Il est caractéristique de notre époque de vouloir éliminer même cette forme d'autorité extrêmement limitée et politiquement insignifiante.
--- p.248

Contrairement à notre conception de la croissance, selon laquelle les individus évoluent vers l'avenir, les Romains croyaient que les individus évoluent vers le passé.
--- p.256

La raison d'être de la politique est la liberté, et le champ d'action où elle s'exerce est l'action.
--- p.287

La liberté exigeait plus qu'une simple libération ; elle nécessitait également la présence d'autres personnes dans la même situation, et une sphère publique commune où les rencontrer.

--- p.291

C’est par l’éducation que nous décidons si nous aimons suffisamment nos enfants pour ne pas les expulser de notre monde et les laisser se débrouiller seuls, et si nous les aimons suffisamment pour ne pas les priver de la possibilité de faire quelque chose de nouveau, quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, mais de les préparer à la tâche de renouveler une forme de monde commun.
--- p.358

[Les Romains pensaient] qu'un homme à l'esprit cultivé est celui qui sait choisir ses compagnons parmi les personnes, les choses et les idées, passées et présentes.
--- p.401

À l'inverse, les mensonges politiques modernes portent en réalité sur des choses qui ne sont jamais secrètes, mais qui sont en fait connues de tous.
Ce point est évident lorsqu'on réécrit l'histoire moderne à travers le regard de témoins oculaires [contemporains], mais la situation est similaire dans divers processus de création d'images.
Dans le processus de création d'une image, même des faits établis et bien connus peuvent être rejetés ou ignorés s'ils semblent nuire à cette image.
En effet, une image ne doit pas être dessinée pour être plus réaliste que la vie elle-même, comme dans le cas d'un portrait à l'ancienne, mais doit en fournir un substitut complet.
Et grâce aux technologies modernes et aux médias de masse, ce substitut est présenté au public d'une manière que l'original n'aurait jamais pu atteindre.
--- p.442

De ce point de vue, la technologie dans son ensemble n’apparaît plus comme « le résultat d’un effort humain conscient visant à accroître les capacités matérielles humaines, mais plutôt comme un processus biologique d’une grande ampleur ».
--- p.482

Avis de l'éditeur
Entre passé et futur est un recueil de huit essais philosophiques qui explorent les réflexions d'Hannah Arendt sur des concepts politiques traditionnels tels que l'histoire, la tradition, l'autorité et la liberté.
Cette édition, rééditée après une vingtaine d'années par Penguin pour commémorer le centenaire de la naissance d'Hannah Arendt, comprend une préface de son disciple Jerome Cohn, une note du traducteur et une postface pour 2023.
Ce livre propose une explication détaillée et concise des concepts clés de la pensée politique d'Arendt, tels que « totalitarisme », « pensée », « action », « cliché », « natalité » et « pluralité ».
Il s'agit d'un guide précis de la pensée d'Arendt, à tel point qu'on peut le qualifier de « dictionnaire des concepts d'Arendt », et d'un document important qui prédit l'évolution de sa pensée.
De plus, c'est également dans cet ouvrage que la méthodologie de recherche déconstructive d'Arendt sur les dichotomies de la philosophie occidentale est la plus manifeste.
Dans ce livre, Arendt interprète le monde à travers une critique déconstructive cinglante de toute la philosophie occidentale dichotomique, de Platon à Marx, et elle exhume des concepts qui ont disparu ou ont été effacés dans les recoins obscurs de l'histoire et leur invente de nouvelles utilisations contemporaines.

« L’autodestruction : c’est peut-être la seule et la plus superficielle caractéristique que partagent Kierkegaard, Marx et Nietzsche parmi les trois révoltes contre la tradition qui ont eu lieu au XIXe siècle » (p. 124).

Redéfinir l'humanité

Dans ses analyses de concepts politiques traditionnels tels que l'histoire et la tradition, l'autorité et la liberté, Arendt remet en question la dichotomie ontologique de l'existence humaine.
Autrement dit, elle met l'accent sur la relation indissociable entre la « vie politique » de la majorité des humains, longtemps séparée, et la « vie philosophique » de chaque individu.
Pour Arendt, l'existence humaine était un ensemble complexe de pensée exprimée par la « vie philosophique » et de multiplicité exprimée par la « vie politique ».
C’est aussi la raison pour laquelle Arendt refusait d’être qualifiée de philosophe ne traitant que des êtres humains en tant qu’individus.
La vie humaine dont parle Arendt est une vie dans laquelle chaque personne présuppose et agit sur l'autre au sein de son propre esprit.

« Même la vie des saints est une vie vécue avec les autres. »
(Socialis est vita sanctorum, page 182).

Comme le soutient Arendt, « dès l’instant où l’on commence à penser, on doit se confronter au monde » (p. 34), « même dans la pensée solitaire, on ne peut jamais être seul » (p. 36).
Pour Arendt, la pensée était simplement la même structure par laquelle les humains agissent envers le monde et envers les autres, se déployant au sein de l'esprit humain.
Les huit essais de ce livre visent, comme le dit Arendt, à « acquérir une expérience de la façon de penser » (p. 94).
Arendt ne définit pas hâtivement l'objet de la pensée ni ne prescrit de solution.
Son objectif est centré sur la question « comment nous nous déplaçons dans ce monde » (p. 94).

Le concept de « temps » et l'existence humaine

Pourquoi le livre s'intitule-t-il « Entre passé et futur » ?
Pour Arendt, qui se qualifie de penseuse politique, les concepts métaphysiques du temps que sont le « passé » et le « futur » peuvent sembler un sujet délicat au premier abord.
Mais le mot à retenir dans ce titre est « entre ».
L'essence de ce livre réside dans l'histoire du « présent », c'est-à-dire entre le passé et le futur.
L’être humain est le seul être capable de percevoir le « présent ».
Plotin parlait du « maintenant » comme du « point » où le passé et le futur se rencontrent, avec l’expression : « Le passé est le temps qui se termine maintenant, et le futur est le temps qui commence maintenant » (p. 18).
Autrement dit, cela crée un point, ou un « espace », dans le temps qui peut être perçu comme une unité ou un continuum, et qui provoque une rupture.
En tant qu'espace, le « présent » devient désormais un lieu qui peut être physiquement occupé ou reconnu.

C’est ainsi que les humains prennent conscience du présent et repèrent leurs « coordonnées » dans le monde.
Le marquage par coordonnées commence à la naissance d'une personne et se termine à sa mort.
Ce « processus historique » est un parcours profondément individualisé, une « marchandise unique et non commercialisable » (p. 490) qui ne peut être évaluée en termes de valeur d’échange.
Les êtres humains créent et développent leur présent en s'insérant constamment « entre le passé et le futur ».
Ce processus est la raison et constitue la condition de l'existence humaine.
Autrement dit, l'existence humaine et l'émergence du temps sont des événements simultanés.

« Parce que seuls les humains sont autorisés à s’immiscer dans le temps,
Le temps ne s'écoule indifféremment que tant qu'une personne reste à sa place.
Il est divisé en temps [passé, présent et futur]” (pp. 88-89).

« Homo Deus » d'Hannah Arendt

Le moment où le présent commence avec cette intrusion humaine, c'est-à-dire le moment de la naissance, est aussi le début d'une existence humaine.
D'innombrables êtres humains naissent et, dès leur naissance, ils « commencent » à marquer leurs propres coordonnées.
Même après la naissance biologique primaire, les êtres humains connaissent une naissance secondaire, ou « natalité politique », par le biais du libre choix.
Cette capacité à faire de nouveaux départs (des choix) qui se poursuivent jusqu'à la mort, c'est-à-dire la capacité d'agir, est aussi ce qu'Arendt appelle la « condition humaine ».
C’est pourquoi, dans l’imaginaire d’Arendt, la pensée et l’action sont indissociables.

Chaque être humain possède, dès sa naissance, les conditions existentielles de l'existence humaine, à savoir la capacité d'agir et de penser.
Chaque acte implique un nouveau départ, créant d'innombrables imprévisibilités, et la pensée, une fois de plus, flotte et circule « entre » d'innombrables variables.
Il est naturel qu'il n'existe pas de « vérité absolue » dans ce lieu où chacun se repère selon ses propres coordonnées.
Pour Arendt, le domaine de l'histoire humaine est un espace regorgeant de « vérités relatives » diverses, et l'essence de ce domaine réside dans la « persuasion » plutôt que dans la « preuve ».

« Comment les Grecs se comprennent-ils ? Non pas en tant qu’individus, mais en tant que… »
Comment percevoir le même monde du point de vue de l'autre, c'est-à-dire la même chose de manière très différente,
Et j’ai appris à regarder les choses sous des angles opposés » (pp. 149-150).

Le chemin vers l’immortalité parmi la profusion de « vérités relatives » réside dans « la mémoire et la tradition ».
Voici ce qu'affirme Arendt dans ses huit essais.
Comment nous en souviendrons-nous et comment le transmettrons-nous ?
La mission de l'humanité est de « créer » un monde commun, une mémoire commune, qui puisse être rappelée et hautement valorisée par les êtres humains individuels en constante évolution.
Chacun de nous, se présupposant les uns des autres, se rassemble pour créer des valeurs partagées par la communauté, établissant ainsi une coordonnée commune entre le passé et l'avenir.
Ainsi, le créateur du monde et celui dont on peut se souvenir à jamais, l’« Homo Deus » dont parlait Hannah Arendt, est le « citoyen » de la sphère publique.
SPÉCIFICATIONS DES PRODUITS
- Date d'émission : 13 janvier 2023
- Format : Guide de reliure de livres à couverture rigide
Nombre de pages, poids, dimensions : 516 pages | 890 g | 152 × 225 × 30 mm
- ISBN13 : 9788935666607
- ISBN10 : 8935666602

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